vendredi 1 novembre 2019

Collection "Les Plaquettes" Don Juan & le mode turbo de Martin Payette

Voici le seizième titre de la Collection "Les Plaquettes"
Format 21X15 - 37 pages intérieures - 
accompagné de six images
 de Léo Verle 



Très tôt sa carapace d'ombres


s'illumine


soulève la masse des courtisanes


encore hébétées


furieuses de leur accouchement






Bouc luisant féconde


en grand nombre pulpes et vierges


volées chez ces peuples amers


gendarmes de la première occupation.






























Martin Payette travaille comme enseignant en francisation avec les immigrants à Montréal. Après 


quelques années à oeuvrer dans le monde de la télévision il est retourné à ses premiers amours, soit


la poésie et le théâtre. De son baccalauréat en littérature il garde un excellent souvenir, malgré l'éro-


sion de certaines théories littéraires dans les arcanes de sa mémoire.



A L'INDEX - Hors série - 


ISSN  :1620-3887


12€

dimanche 25 août 2019

A L'INDEX N°39 à paraître en octobre (vous pouvez dès à présent le réserver)


Vous qui avez l'amabilité de vous rendre sur ce site, prenez le temps de lire ces lignes pour mieux nous connaître et comprendre pourquoi votre soutien nous est premier - Merci à vous !

A L'index est avant toutes choses une revue dont le premier numéro est paru en 1999.  Dans un premier temps, "prolongement papier"  des Rencontres du "Livre à Dire (1997/2012), elle poursuit, aujourd'hui encore son chemin, se voulant avant tout un espace d'écrits. Au fil des numéros, elle a vu son format, sa couverture, se modifier. Pour se présenter aujourd'hui et depuis sa 20iéme livraison sous un format plus réduit (A5) et une couverture "fixe" avec comme identité visuelle la vignette créée pour la revue par l'ami Yves Barbier.

Les vingt premiers numéros ont été imprimés par l'Imprimerie Spéciale du Soleil Natal dirigée par le poète-éditeur Michel Héroult. La mort subite et prématurée de ce dernier, en septembre, 2012 a laissé la revue orpheline et désemparée. Le tirage du numéro 20 n'ayant été livré que pour moitié, il était impératif de trouver un nouvel imprimeur. La question se posa néanmoins de la cessation de parution.
Primitivement tournée presque exclusivement vers la poésie contemporaine, la revue s'est, au fil des livraisons, ouverte à la prose (nouvelles, textes courts, textes analytiques) Aujourd'hui un équilibre entre ces divers types d'écriture est recherché lors de l'élaboration de chaque numéro. Par ailleurs A L'Index travaille avec des dessinateurs et l'illustrateurs.

Si la revue se présente sous une forme le plus souvent anthologique, avec des rubriques récurrentes, elle consacre aussi à intervalles réguliers des numéros à un auteur qu'elle choisit. Ces numéros sont dits : "Empreintes". Depuis 2015 la revue publie également (hors abonnement) et au rythme d'un titre par an, des ouvrages de poésie en bilingue. La collection s'intitule : "Le Tire-langue". Y ont été publiés à ce jour le poète kosovar Ali Podrimja, le poète turc Özdemir Ince et la poétesse italienne Chiara de Luca, le poète espagnol Miguel Casado, la poétesse Franco-américaine Françoise Canter et le poète américain Robert Nash.
 A côté de cette collection, d'autres existent : "Pour mémoire" où nous avons republié en partenariat avec les éditions Levée d'encre en 2015 "La légende du demi-siècle" d'André Laude et en 2016 "Le rêve effacé" et "La Grande Ragale" (2017) récits de l'écrivain voyageur Jean-Claude Bourlès, "Je vous écris du fond des mers"(2018) nouvelles de Jean Chatard et "Quelqu'un d'absent" récit signé François Vigne ainsi que les collections 
"Les Cahiers" où, sous la direction de Jean-Marc Couvé, est paru un "Pour Soupault" en 2014.
"Les Plaquettes"qui comme son nom l'indique se présente de petits ensembles de poèmes ou de proses auxquelles sont très souvent associés des plasticiens, à un prix modique, entre 10 et 12 € port compris. Avec l'espoir de donner envie de lire des auteurs contemporains.  


Tous ces titres sont vendus hors abonnement.

Ce site est uniquement informatif, il a pour ambition de vous donner envie de découvrir notre travail 

La revue A L'Index et les collections satellites, ne bénéficient d'aucune aide et se diffusent par abonnement ou achat au numéro, Notre seule publicité : le bouche à oreille des lecteurs et la fidélité de ceux qui nous connaissent et nous lisent.



Abonnement à la revue: 2 numéros 28 €

adresse: 
Revue A L'INDEX
Jean-Claude TARDIF
11, rue de Stade 
76133 Epouville
revue.alindex@free.fr


Format 21X15 - env 190 pages intérieures -
(tirage 100 exemplaires)


prix public 18 € (port compris)





 Regina Alonso - Catherine Baptiste – Jean Bensimon - Pedro Belo Clara - Philippe Beurel – Yvan Blatny – Éric Bouchety – Françoise Canter- Carlos Cardoso -Mélanie Carron - Michel Cossec - Jean-Marc Couvé - Khamylle-Abel Delalande - Jordi Doce – Tereza Du'Zai - Arthur Fousse - Pierre Gondran - Christine Guinard - Peter Härtling - Éric Jaumier  - Yves Noël Labbé - Christian Lagrange - Gérard Le Gouic- Lidya Padellec - Béatrice Pailler - Gilles Pépin - Irena A. Pereira Gouge - Maria Ralaizanaka -Nilton Resende - Roberto San Geroteo - Jean-Philippe Sedikhi – William Shakespeare - Philippe Simon - Line Szöllösi - Jean-Claude Tardif - Dylan Thomas

Traductions
Françoise Canter - Stéphane Chao - Vladimir  Claude Fisera -P J Pasquet Radenez - Roberto San Geroteo – Joël Vincent 



TABLE DES MATIÈRES

Au doigt & à l’oeil par Jean-Claude Tardif
Pas mieux que des poèmes de Catherine Baptiste
Impressions de Porto par Philippe Beurel
Vignettes Liboètes (poèmes) de Jean-Claude Tardif
cinq voix Lusophones (poèmes et proses) de Regina Alonso - Pedro Belo Clara - Carlos Cardoso -Tereza Du'Zai - Nilton Resende traduits par Stéphane Chao
Notes d'ici et là de Maria Ralaizanaka
Deux Inédits (poèmes) de Gérard Le Gouic
Kommen-Gehen-Bleiden/Venir-Aller-Rester (poèmes) de Peter Härtling traduit par Joël Vincent
La Californie y a pas mieux (nouvelle) de Yves Noël Labbé
Poèmes de Pierre Gondran dit Remoux
Deux poèmes inédits de Françoise Canter
Tout va très bien Madame La Banquise (texte) de Roberto San Geroteo
JEU DE PAUMES - Petite anthologie portative -
Mélanie Carron - Khamylle-Abel Delalande -  Éric Jaumier - Christian Lagrange - Lydia Padellec - Gilles Pépin - Irena A. Pereira Gouge – Philippe Simon
Le Mariage (nouvelle) de Jean Bensimon
Nouvelles sources sur Ivan Blatný, L'Apollinaire des Lettres Tchèques, présentation et traduction de Vladimir Claude Fišera
« Corbière, c’est Dubillard ! » par Jean-Marc Couvé
Valence-Valence et autres poèmes de Éric Bouchety
Poèmes en prose de Christine Guinard
Passé le cercle des inuksuit ou extrait d’un carnet de voyage vers le nord (seconde partie) de Michel Cossecl’homme fou rêve du blanc & autres poèmes de Arthur Fousse
Alors & autres poèmes de Jordi Doce traduits par Roberto San Geroteo
Au pied du mur (nouvelle) de Jean- Philippe Sedikhi
Fern Hill La Colline aux Fougères de Dylan Thomas suivi de Deux Sonnets de William Shakespeare traduit de l’anglais Philippe Pasquet Radenez
Yellow-Sea (nouvelle) de Béatrice Pailler
La sentinelle & autres poèmes de Line Szöllösi

Montrés du doigt par Michel Cossec et Gérard Paris


La Poésie

La poésie c'est peut-être vouloir garder, conserver, préserver le présent dans sa respiration, son inspir et son expir, son mouvement existentiel, son rythme quotidien. La poésie est dans les rythmes de l'oeil, de l'oreille, de la langue, de la peau, du nez. Être poète, c'est se donner corps et esprit à la présence du monde, c'est être possédé par le monde, c'est ouvrir en permanence ses antennes sensibles à l'univers, c'est être humain à part entière; c'est se perdre dans les gens pour se retrouver dans le sens; c'est s'adresser à l'autre, son alter ego, pour lui dire "je suis toi, je suis nous, même si tu ne me comprends pas encore. J'attends de toi aussi ce que je te propose. Même sans toi, je suis toi, par delà toutes les divergences, différences". Être là. C'est aussi con que ça. Ce "ça" dont Freud nous dit qu'il est notre invraisemblable vérité, ce qui en nous reste à révéler.

Jean-Pierre Chérès


À L'INDEX N°39

jeudi 15 août 2019

Collection "Les Plaquettes" La Cendre de nos jours de Georges Cathalo

Voici le quinzième titre de la Collection "Les Plaquettes"
Format 21X15 -51 pages intérieures - 
accompagné de cinq collages
 de Marie-Claude Cathalo 





























À L'INDEX -Hors-série -
I.S.S.N : 1620-3887
12 €


"La cendre de nos jours", de Georges Cathalo




Publié comme supplément à la revue "À L'index", dans la collection "Les Plaquettes", "La cendre de nos jours", de Georges Cathalo est un recueil de poèmes en vers libres, consacré aux mensonges d'une pensée que l'on peut qualifier de libérale, en même temps qu'au vocabulaire à la mode : "neutrino", par exemple.

Le titre de chaque poème amène sa thématique, le ton employé variant entre la dénonciation et l'ironie.

J'ai apprécié la lecture de ces poèmes pour leur bon sens terrien, pour leur côté "arrêtez de nous faire prendre des vessies pour des lanternes". Il y a là dedans une logique que l'on n'aimerait partagée par plus de personnes que l'extrême majorité d'entre elles.

Cette même qualité se retrouve d'ailleurs dans le style des poèmes, sobre et direct. De ces poèmes, on peut dire qu'ils ont les pieds sur terre.

Extrait de "La cendre de nos jours", de Georges Cathalo, "Devant" :

t"u crois t’échapper
loin devant tout le monde
mais autour de toi
le décor est en trompe-l’œil

si tu t'arrêtes tu verras
ce que tu ne savais plus voir

pas plus ce qui est ici
que ce qui est plus loin
pas plus le proche que le lointain

tu te crois toujours devant
alors que tu fais du surplace."

L'ensemble des poèmes est accompagné de cinq collages de Marie-Claude Cathalo.

Si vous souhaitez en savoir plus sur "La cendre de nos jours", de Georges Cathalo, qui est vendu au prix de 12 €, contact : http://lelivreadire.blogspot.com et http://poesiealindex.blogspot.com

Collection "Les Plaquettes" ALORS de Hervé Delabarre

Voici le quatorzième titre de la Collection "Les Plaquettes"
Format 21X15 -51 pages intérieures - 
accompagné de douze encres de l'auteur 


Hervé Delabarre naît en 1938 à Saint-Malo. Début 1963, il fait la rencontre d'André Breton qui demande à le rencontrer après avoir lu quelques-uns de ses poèmes. Il l'invite à rejoindre le mouvement surréaliste et à prendre part aux activités du groupe, Il y participera jusqu’à sa dissolution en 1969. Poète, peintre, il demeure aujourd'hui fidèle à l’esprit surréaliste dans ses choix d'écriture et de vie.






Inventaire

On se la joue perverse
tantôt pile
tantôt face
On entend même ruisseler l’huis

Le jour se livre aux femmes blêmes
et celles que les marées ont caressées
jaillissent en bouquet de cris

Près d’un bocal où flottent
quelques débris de lettres
quelques parcelles de serments
tous ces morceaux d’aveux
où se sont acharnés les dents
somnole pourtant
presque invisible
ce qui ressemble à de l’émoi

Pour témoigner des jours défunts
demeure
une paire de gants


À L'INDEX -Hors-série -
I.S.S.N : 1620-3887
12 €

Dans la même collection

Thierry Delhourme « Poème pour Gabriel Okoundji »
postface Jean-Claude Tardif
Hervé Delabarre "Chemins de nuit et leurs stations"
accompagné de quatre encres de Françoise Delahaye
Catherine Baptiste "Puzzle", mille pièces en un acte »
Postface Odile Caradec
accompagné de cinq dessins de Pierre Rosin
Guy Girard "À l'Ouest de l'Enclume"
accompagné de douze dessins de l'auteur
Michel Lamart "Ritournelle pour un jardin de pierre"
accompagné de six monotypes de Maria Desmée
Pierre Rosin " Un reste de beau pour le reste du jour
suivi de Je émigration"
accompagné de cinq dessins de l'auteur "
Béatrice Pailler "Goûte l'eau"
accompagné de six encres de Claude Jacquesson
Werner Lambersy "Vu du train"
accompagné de photographies de Jean-Michel Marchetti
Jacques Nuñez Teodoro "La Dérive des continents"
accompagné de sept dessins de Anne Logvinoff-Mouilleron
Isabelle Rebreyend « De fil et de lueur suivi de Un rien décisif »
ponctué de huit lectures au pinceau de jaumes privat
Emmanuelle Le Cam "Vigie"
accompagné de quatre encres de Frédérique Fourquet,
Jacques Boise "Paysage avec mare"
accompagné de sept gravures de Marie Alloy
Jean-Michel Bongiraud "Voyages anarchistes"
accompagné d'un liminaire de Jean-Claude Tatdif


mardi 21 mai 2019

Collection "Les Plaquettes" Voyages Anarchistes de J.M. Bongiraud

Voici le treizième titre de la Collection "Les Plaquettes"
Format 21X15 -51 pages intérieures - 
avec un texte liminaire 
de Jean-Claude Tardif  

la lutte est un espoir qui se transmet d’un peuple à l’autre
quand l’utopie rencontre la poésie la vie reprend ses droits










Jean-Michel Bongiraud est né en 1955, et vit dans le Jura. Il a publié une quinzaine d’ouvrages chez différents éditeurs, des poèmes ou des articles dans différentes revues : Verso, Décharge, Comme ça et autrement, Remue-Méninges, Comme en poésie, Traces, La Nouvelle Tour de Feu, Action poétique, Traction-Brabant, Le cri d’Os, Poésie-Première, Rimbaud Revue, Diérèse, Comme un terrier sous l’igloo… mais aussi dans Le Monde Libertaire ou le mensuel Alternatives Libertaires.
Revuiste, il a animé Parterre verbal de 1992 à 2001, puis de Juin 2008 à décembre 2012, le bimestriel Pages Insulaires. En 2013, il a fait paraître le journal Fermentations, publication ouverte à l’actualité et à la réflexion.


À L'INDEX -Hors-série -
I.S.S.N : 1620-3887
12 €


Nous avons avancé innocents puis reculé
mais Victor B. qui est cet homme
dont La voix chante en lui 
et qui a laissé de si vilaines traces
à même son visage à même son nom
en nous que voyons-nous quel parfum suinte de nos pores
l'eau troublée court sous la peau et se dilue dans la terre
nos veines s'hydratent au mauvais goulot
mais l’anarchie est la vie élargie pour tous
les vents poussent plus fort les mers craquent
et nous allons manifeste après manifeste
dire encore et toujours notre impuissance à changer
quand respirer devient une gageure autant que vivre

On en parle


Lettre du 16 juin 2019 de Didier Ober

Il y a une continuité entre les poètes du 9ème et notre siècle. Tu relies leur vision à celle du mon de actuel. Le pouvoir, la violence, l’oppression etc. avec en plus aujourd’hui une nature polluée, de machines, des écrans. Des images fortes et des poèmes d’une grande lucidité.


Lettre du 19 juillet 2019 de Muriel Sendelaire

Votre livre que je viens de terminer. j’admire la constance de votre engagement. Je trouve Francis Ponge prodigieux, et sa lucidité éblouissante. C’est un peu cela « Voyages anarchistes. Je suis fondamentalement d’accord avec ce que vous écrivez, avec des phrases fortes répétées tout au long du livre : « Le réel est une image sans poésie » ou « l’anarchie n’est pas le désordre mais le gouvernement de soi ».

Lettre du 23 juillet 2019 de Eric SIMON

D'une riche tonalité, avec beaucoup de mouvement qui conjugue l’histoire, la mémoire des luttes et des pensées libertaires… Le style e « Voyages anarchistes » est aussi remarquable, avec ce dosage des répétitions, comme des refrains, partagées par les figures croisées, avec les lecteurs eux-mêmes.

Courrier électronique de Juillet 2019 de Georges Cathalo

Avec Voyages anarchistes, l’auteur nous entraîne dans un périple tourbillonnant avec de longues laisses de vers au rythme soutenu, où relances et reprises bousculent la lecture. La mise en voix de ces textes pourrait donner lieu à un formidable spectacle.

Mail du 14 septembre 2019 de Didier Trumeau

J’ai beaucoup à dire sur tes Voyages Anarchistes - que du bien. Ton livre est une merveille et je crois que tout écrivain, vaniteux soit-il, aimerait n’écrire qu’un seul ouvrage de cette valeur. Je ne peux pour quelques temps m’entretenir avec toi de ton livre mais j’espère que nous aurons cette occasion d’échanger, de confronter nos semblances. Portes toi bien.


De Christian Saint Paul

Poète et amoureux, combien il le fut, Louis Calaferte !
Il disait qu’à partir de soixante ans, l’essentiel était de rajeunir chaque jour. Calaferte qui, de toute façon a fait connaître sa volonté ultime par ces mots : « Je souhaite mourir comme l’enfant que je fus : innocent et anarchiste ».

Ces propos conviennent parfaitement au poète
Jean-Michel BONGIRAUD , sexagénaire, anarchiste et grand-père.
Jean-Michel qui mit longtemps sa générosité  dans une ingrate activité de revuiste, auteur de nombreux ouvrages, essais, roman et poèmes, publie
« Voyages Anarchistes » avec un texte liminaire de son éditeur Jean-Claude Tardif,
 (éditions A L’Index, collection Les Plaquettes, 50 pages, 12 €).

La poésie de combat, objet de mon précédent éditorial, revient en force dans ce livre, avec une langue ample, déclamatoire à souhait, exaltante, riche d’images, d’évocation - à trouver par la majuscule de la première lettre de leur nom - de poètes ou de figures historiques se rattachant à l’éthique anarchiste.

Un poème épique à l’heure où il se fait rare, une péroraison quand ailleurs tout se trame dans le murmure, un cri par dessus les trous de silence de ses pairs, poètes de l’effacement.

Ces « Voyages Anarchistes » se succèdent dans un long souffle initiatique, organisés en trois voyages achevés par un « Ultime et infini voyage ». Ce souffle est celui du vent de la révolte. Ce souffle qui est avant tout celui du poème, donne la vie.
Il s’efforce par la puissance de la langue, de faire reculer les ténèbres qui paralysent l’homme, de servitude ; les mots changent le destin, c’est même leur absolue finalité, c’est-à-dire leur destinée.

Écoutons Jean-Michel Bongiraud :

La poésie ne vient plus s’écrire entre les mains anarchistes
elle s’est égarée dans les antres libéraux et limbes monétaires
mais Constant M. ta Muse rouge ! reviendra chanter le temps
les astres ont un reflet trouble et les pelouses desséchées
des instruments de torture ont été rangés dans les musées
les cerveaux sont devenus vides et les jeux attirent les foules
et les femmes ne seront plus à vendre
procréation humiliante et esclavagiste
quand cessera cette course vers l’instrumentalisation
un rêve de femmes et d’hommes complémentaires
vers quel but doit-on tendre sinon celui de la fraternité
on deviendra des monstres télévisés des fantômes livresques
au loin une légère cavalcade arrivent des hommes en guerre
au bout de leur fusil ni fleur ni poème un étendard
ils cernent les cités et chantent l’anarchie retrouvée

[...]

Ils viendront un jour les enfants seront des hommes
seront-ils Pierre Q. Le sang pur de l’aurore
de leur pas léger et serein ils traverseront les continents
plus loin que nous ils pénétreront dans les châteaux
          [et les terres sacrées
aux puissants les petites gens accordent leur complaisance
l’anarchie n’est pas le désordre mais le gouvernement de soi
les ours les antilopes les renards se sont terrés sous les coups de bottes
en un jour de matinée claire et sauvage ils reviendront
le charme est doux le rêve est bon l’idée est belle
des charognards font le guet sous leurs cils dépassent les canons
verrons-nous ce pur amour et ce sang couleur d’or un jour
sur la terre se répandre et empierrer le chemin du futur
***