jeudi 15 août 2019

Collection "Les Plaquettes" La Cendre de nos jours de Georges Cathalo

Voici le quinzième titre de la Collection "Les Plaquettes"
Format 21X15 -51 pages intérieures - 
accompagné de cinq collages
 de Marie-Claude Cathalo 





























À L'INDEX -Hors-série -
I.S.S.N : 1620-3887
12 €

Collection "Les Plaquettes" ALORS de Hervé Delabarre

Voici le quatorzième titre de la Collection "Les Plaquettes"
Format 21X15 -51 pages intérieures - 
accompagné de douze encres de l'auteur 


Hervé Delabarre naît en 1938 à Saint-Malo. Début 1963, il fait la rencontre d'André Breton qui demande à le rencontrer après avoir lu quelques-uns de ses poèmes. Il l'invite à rejoindre le mouvement surréaliste et à prendre part aux activités du groupe, Il y participera jusqu’à sa dissolution en 1969. Poète, peintre, il demeure aujourd'hui fidèle à l’esprit surréaliste dans ses choix d'écriture et de vie.






Inventaire

On se la joue perverse
tantôt pile
tantôt face
On entend même ruisseler l’huis

Le jour se livre aux femmes blêmes
et celles que les marées ont caressées
jaillissent en bouquet de cris

Près d’un bocal où flottent
quelques débris de lettres
quelques parcelles de serments
tous ces morceaux d’aveux
où se sont acharnés les dents
somnole pourtant
presque invisible
ce qui ressemble à de l’émoi

Pour témoigner des jours défunts
demeure
une paire de gants


À L'INDEX -Hors-série -
I.S.S.N : 1620-3887
12 €

Dans la même collection

Thierry Delhourme « Poème pour Gabriel Okoundji »
postface Jean-Claude Tardif
Hervé Delabarre "Chemins de nuit et leurs stations"
accompagné de quatre encres de Françoise Delahaye
Catherine Baptiste "Puzzle", mille pièces en un acte »
Postface Odile Caradec
accompagné de cinq dessins de Pierre Rosin
Guy Girard "À l'Ouest de l'Enclume"
accompagné de douze dessins de l'auteur
Michel Lamart "Ritournelle pour un jardin de pierre"
accompagné de six monotypes de Maria Desmée
Pierre Rosin " Un reste de beau pour le reste du jour
suivi de Je émigration"
accompagné de cinq dessins de l'auteur "
Béatrice Pailler "Goûte l'eau"
accompagné de six encres de Claude Jacquesson
Werner Lambersy "Vu du train"
accompagné de photographies de Jean-Michel Marchetti
Jacques Nuñez Teodoro "La Dérive des continents"
accompagné de sept dessins de Anne Logvinoff-Mouilleron
Isabelle Rebreyend « De fil et de lueur suivi de Un rien décisif »
ponctué de huit lectures au pinceau de jaumes privat
Emmanuelle Le Cam "Vigie"
accompagné de quatre encres de Frédérique Fourquet,
Jacques Boise "Paysage avec mare"
accompagné de sept gravures de Marie Alloy
Jean-Michel Bongiraud "Voyages anarchistes"
accompagné d'un liminaire de Jean-Claude Tatdif


mardi 21 mai 2019

Collection "Les Plaquettes" Voyages Anarchises de J.M. Bongiraud

Voici le treizième titre de la Collection "Les Plaquettes"
Format 21X15 -51 pages intérieures - 
avec un texte liminaire 
de Jean-Claude Tardif  

la lutte est un espoir qui se transmet d’un peuple à l’autre
quand l’utopie rencontre la poésie la vie reprend ses droits










Jean-Michel Bongiraud est né en 1955, et vit dans le Jura. Il a publié une quinzaine d’ouvrages chez différents éditeurs, des poèmes ou des articles dans différentes revues : Verso, Décharge, Comme ça et autrement, Remue-Méninges, Comme en poésie, Traces, La Nouvelle Tour de Feu, Action poétique, Traction-Brabant, Le cri d’Os, Poésie-Première, Rimbaud Revue, Diérèse, Comme un terrier sous l’igloo… mais aussi dans Le Monde Libertaire ou le mensuel Alternatives Libertaires.
Revuiste, il a animé Parterre verbal de 1992 à 2001, puis de Juin 2008 à décembre 2012, le bimestriel Pages Insulaires. En 2013, il a fait paraître le journal Fermentations, publication ouverte à l’actualité et à la réflexion.


À L'INDEX -Hors-série -
I.S.S.N : 1620-3887
12 €


Nous avons avancé innocents puis reculé
mais Victor B. qui est cet homme
dont La voix chante en lui 
et qui a laissé de si vilaines traces
à même son visage à même son nom
en nous que voyons-nous quel parfum suinte de nos pores
l'eau troublée court sous la peau et se dilue dans la terre
nos veines s'hydratent au mauvais goulot
mais l’anarchie est la vie élargie pour tous
les vents poussent plus fort les mers craquent
et nous allons manifeste après manifeste
dire encore et toujours notre impuissance à changer
quand respirer devient une gageure autant que vivre

samedi 11 mai 2019

La Collection LES CAHIERS présente : nus à l'index d'Olga Caldas

Ouvrage présentant 30 clichés noir et blanc de la photographe
Olga Caldas 

accompagné de textes du poète Werner Lambersy

Ce cahier - en tirage limité -  compose le catalogue d'exposition d'Olga durant le festival de photographie Olga Caldas, vit et travaille à Paris

prix de vente : 17 euros


Olga Caldas travaille depuis près d’une quinzaine d’années sur la mise en scène du corps, et aussi sur sa mise en fiction. Que ce soit dans « Daydreams » où elle donne cours à une autobiographie rêvée, ou dans « Et le corps se délie » (qu’on peut entendre : « Et le corps, ce délit » ), elle transcrit son expérience de l’intime au plus près de la chair, celle de l’autre ou la sienne propre. Aucune pornographie, mais pas de refoulement non plus du processus érotique par lequel
l’homme et la femme, séparément mais implicitement
unis, mesurent leur présence au monde. (…)

Poétique, l’oeuvre photographique d’Olga Caldas ne s’explique pas. Si elle fait réfléchir, ce n’est pas
comme on l’imagine, mais plutôt comme un miroir réfléchit. En suscitant du fond de nous-mêmes un
face-à-face imprévu.
Martine Lecoq, critique d’art. Paris, décembre 2016

Olga Caldas est représentée, depuis 2016, par Bertrand
Scholler - Galerie 55 Bellechasse /Paris 7/Miami.
De 2016 à 2018, elle compte plus de 25 expositions en
France et à l’étranger.


Werner Lambersy, né à Anvers en 1941 vit à Paris depuis 1980.
Sa biographie est à reporter à ses livres : une soixantaine d’ouvrages traduits en vingt langues dont divers livres d’artiste,anthologies personnelles (Actes Sud, Les Vanneaux, Nu(e) 50, À l’index, Sapriphage etc.), six titres chez La Porte, idem aux éditions du Cygne, Cadex, L’ Amourier et Phi, qui lui donnent une place significative dans la poésie contemporaine. Variant le ton et la forme, son oeuvre poursuit une méditation par l’amour, l’écriture et parfois l’humour…
Quelques recueils : Maîtres et maisons de thé (prix triennal et Canada) ; La toilette du mort (L’ Âge d’homme) ; une trilogie majeure : Architecture nuit, éd. Phi (prix Y. Goll), Coimbra, éd Dumerchez (Grand prix SGDL) et Dernières nouvelles d’Ulysse, éd. V. Rougier (Grand prix Micheloud Suisse) ; plus récemment : La Perte du temps (prix Mallarmé et Théophile Gautier, Académie Française), La Chute de la grande roue (Prix des lycéens 2018) tous deux au Castor astral ; deux recueils au Taillis Pré, deux chez Caractères, trois chez Pippa, trois chez L’ Âne qui butine, et Al Manar… chez Rhubarbe, Tipaza, Motus, Collodion L’ Atelier du Lierre, Serge Chamchinov et bientôt chez le Petit Véhicule et Maelström…

dimanche 28 avril 2019

A L'INDEX n°38

A L'INDEX n°38

Vous qui avez l'amabilité de vous rendre sur ce site, prenez le temps de lire ces lignes pour mieux nous connaître et comprendre pourquoi votre soutien nous est premier - Merci à vous !

A L'index est avant toutes choses une revue dont le premier numéro est paru en 1999.  Dans un premier temps, "prolongement papier"  des Rencontres du "Livre à Dire (1997/2012), elle poursuit, aujourd'hui encore son chemin, se voulant avant tout un espace d'écrits. Au fil des numéros, elle a vu son format, sa couverture, se modifier. Pour se présenter aujourd'hui et depuis sa 20iéme livraison sous un format plus réduit (A5) et une couverture "fixe" avec comme identité visuelle la vignette créée pour la revue par l'ami Yves Barbier.

Les vingt premiers numéros ont été imprimés par l'Imprimerie Spéciale du Soleil Natal dirigée par le poète-éditeur Michel Héroult. La mort subite et prématurée de ce dernier, en septembre, 2012 a laissé la revue orpheline et désemparée. Le tirage du numéro 20 n'ayant été livré que pour moitié, il était impératif de trouver un nouvel imprimeur. La question se posa néanmoins de la cessation de parution.
Primitivement tournée presque exclusivement vers la poésie contemporaine, la revue s'est, au fil des livraisons, ouverte à la prose (nouvelles, textes courts, textes analytiques) Aujourd'hui un équilibre entre ces divers types d'écriture est recherché lors de l'élaboration de chaque numéro. Par ailleurs A L'Index travaille avec des dessinateurs et l'illustrateurs.

Si la revue se présente sous une forme le plus souvent anthologique, avec des rubriques récurrentes, elle consacre aussi à intervalles réguliers des numéros à un auteur qu'elle choisit. Ces numéros sont dits : "Empreintes". Depuis 2015 la revue publie également (hors abonnement) et au rythme d'un titre par an, des ouvrages de poésie en bilingue. La collection s'intitule : "Le Tire-langue". Y ont été publiés à ce jour le poète kosovar Ali Podrimja, le poète turc Özdemir Ince et la poétesse italienne Chiara de Luca, le poète espagnol Miguel Casado, la poétesse Franco-américaine Françoise Canter et le poète américain Robert Nash.
 A côté de cette collection, d'autres existent : "Pour mémoire" où nous avons republié en partenariat avec les éditions Levée d'encre en 2015 "La légende du demi-siècle" d'André Laude et en 2016 "Le rêve effacé" et "La Grande Ragale" (2017) récits de l'écrivain voyageur Jean-Claude Bourlès, "Je vous écris du fond des mers"(2018) nouvelles de Jean Chatard et "Quelqu'un d'absent" récit signé François Vigne ainsi que les collections 
"Les Cahiers" où, sous la direction de Jean-Marc Couvé, est paru un "Pour Soupault" en 2014.
"Les Plaquettes"qui comme son nom l'indique se présente de petits ensembles de poèmes ou de proses auxquelles sont très souvent associés des plasticiens, à un prix modique, entre 10 et 12 € port compris. Avec l'espoir de donner envie de lire des auteurs contemporains.  
Format 21X15 - env 165 pages intérieures - 
+ UN CD "Autopsier un mirage Michel Mourot dit Michel Mourot



(tirage 120 exemplaires)
prix public 18 € (port compris)

Tous ces titres sont vendus hors abonnement.

Ce site est uniquement informatif, il a pour ambition de vous donner envie de découvrir notre travail 
La revue A L'Index et les collections satellites, ne bénéficient d'aucune aide et se diffusent par abonnement ou achat au numéro, Notre seule publicité : le bouche à oreille des lecteurs et la fidélité de ceux qui nous connaissent et nous lisent.

Dossier
autour de Michel Mourot
avec
Hervé Carn – Michel Cosem - Michel Lamart – Patrick Mouze – Béatrice Pailler – Christian Travaux - James Sacré 
Photographies de Michel Mourot
Frontispice de Boris Lejeune
deux lettres indédites



AUTOPSIER UN MIRAGE". DOSSIER MICHEL MOUROT, POÈTE ET PHOTOGRAPHE (À L'INDEX N° 38)

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photographique un en-deçà de la langue
où la nuit se sente progresser
     Michel Mourot, 'Dans le coeur de la distance', éds. de La Différence, 2005
 

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et la lumière comme on sculpterait 
le tonnerre d’une caresse
   Michel Mourot, 'Façons du feu, Façons du froid' (31 poèmes hors recueils). À L’Index 38, 2019
 
michel mourot,poésie,photographie,À l’index,À l’index 38,autopsier un mirage,jean-claude tardif,hervé carn,michel cosem,michel lamart,patrick mouze,béatrice pailler,christian travaux,james sacré,denis rocheJe rêve parfois d’un poème
comme d’un objet fractal.
chaque vers, la réduction
exacte du poème entier
    Michel Mourot, 'Approches du poème par le désespoir de l’air'
(Textes du tapuscrit hors recueil, À L’Index 38, 2019. Ce titre est dans le recueil 'Intimités du chaos', éds de La Différence, 2007)
                                       Michel Mourot (poète et photographe, 1948-2009)
 
Je n’avais jamais rien lu de Michel Mourot, dont je ne savais rien, et donc pas du tout ce qui m’a tout de suite interpellée et intéressée : qu’il soit poète « et » photographe. C’est ce « et » qui m’a donné envie de lire attentivement ce dossier au beau titre, « Autopsier un mirage » (titre qu’on retrouve en entrée du texte de Michel Lamart, qui étudie, notamment, la création photographique et le visible dans la poésie de l’auteur. Ce titre traduit bien le projet du dossier complet, qui veut nous faire pénétrer dans le mystère d’un destin d’écriture et de regard (interrompu par un accident de voiture). Mais dit aussi à quel point il ne se donne pas d’emblée. Et « autopsier », le poète cherche cela dans son écriture et pour l’écriture. Il y a une acuité de recherche qui se veut en quelque sorte une effraction du langage. Dans certains textes il déchire tout : lignes, mots, syllabes, lettres, signes. Même la ponctuation est détournée de ses effets (un point suivi d’une minuscule, par exemple, prend un autre sens que celui d’une fin de phrase, il marque son espace dans la phrase même). Parfois c’est cela et parfois pas du tout. Deux directions, deux manières de faire trace.
 
Jean-Claude Tardif, l'éditeur, nous dit, en un bref avant-propos, les conditions de l’existence de cette publication. Rencontres, fidélités. Les sept contributeurs nous font entrer dans l’intimité complexe d’un artiste, et dans une oeuvre qui est beaucoup, me semble-t-il, déchirure. 
 
Ainsi, on lit…
Hervé Carn (qui se souvient de ses rencontres avec le poète, autour du cinéma et de la poésie).
Michel Cosem (poète et éditeur, qui le publia, à « Encres vives »).
Michel Lamart (à l’initiative du dossier ).
Patrick Mouze (qui présente des inédits).
Béatrice Pailler (qui écrit des poèmes en marge des photographies de sol et d’eau).
Christian Travaux (qui étudie les paradoxes du travail de « désécriture »  du poète, sa « rage » à casser, biffer, griffer, abréger, pour, dit-il, « écrire l’écrire »).
Et le poète James Sacré (qui le connut par le hasard d’une recension que fit Michel Mourot sur un de ses livres, ce qui le fit vouloir le rencontrer). Et qui, rappelant le méchant propos d’un poète d’alors au sujet des textes de Michel Mourot qu’il qualifiait de « galimatias », dit que l’auteur, lui, ne prenait pas cela péjorativement, car il y retrouvait la qualité (donc au contraire de l’intention négative) de sa démarche de déconstruction. James Sacré, montre justement, à partir de cela
 (rejoignant la lecture de Christian Travaux) la force littéraire de ces biffures et cassures - car elles sont conscientes, et nommées dans les poèmes (« gestes foudroyés », « séisme »). Oui, il y a toujours des gens qui veulent avec arrogance juger les autres sans les comprendre… Et, à l’inverse, des écrivains se faisant lecteurs pour révéler ce qu’ils reconnaissent dans une œuvre, comme ceux-ci dans ce numéro.
 
Michel Mourot affirme une volonté formelle de la destruction des normes du poème, tout en cherchant avec obstination à construire, à structurer le poème et le recueil (on voit des plans divers et des variantes), en défaisant et reprenant autrement l’ordre et les titres. Il bouscule, crée des scansions, des heurts, met des signes, des chiffres, des parenthèses…
Parenthèses. J’aime ce mode de pensée, car c’en est un, où on inscrit ainsi l’in-fini (le non fini) d’une interrogation sur le sens. Façon de dire que rien n’est figé, qu’il y a encore autre chose à dire. Et même s’il n’y a rien de noté, juste le signe, la parenthèse est l’inscription d’une digression intérieure, la pause dans la pensée pour plus de pensée (ou au contraire la méfiance de ce qui serait un « trop » de pensée). Et simplement l’espace suggéré du regard non transcrit. Le photographe en lui sait qu’il ne peut tout dire de la vue, que la poésie est visuelle mais échappe cependant à une totalité illusoire de la captation des images. Entre la poésie et la photographie Denis Roche mettait un « parce que » liant les deux créations, l’une imposant l’autre. J’ai l’impression que, quoi que puisse être une possible concordance entre eux (puisque Michel Mourot connut et apprécia l’oeuvre de Denis Roche) c’est différent. Je crois que ce serait, là, un « malgré ». La poésie malgré la photographie, et inversement. Tension : « Cerner le lieu, qu’y puis-je ? ». Mais de toute façon l’œil est omniprésent. Écrivant c’est parfois comme s’il frottait les mots pour les user et en faire sortir le visible, rien que le visible, à force d’effacer le reste : « Les abréviations sont des mots foudroyés ». (Poète foudroyé ?).
 
J’aime, dans les trois photographies proposées, que ce soit matière d’eau, présence du sol, « matière-fantôme » : « Je photographie la pluie » écrit-il. Et : « la voix nous vient des pierres. / on n’échappe pas au sol. » Il va loin, dans ce sens : « l’écriture me vient des pieds ». Peut-être car ainsi il poursuit l’auscultation du réel et de soi, mais pas devant une table. Saisir la topographie des lieux comme il trace une typographie heurtée. Démultiplier les cadres du réel en marchant, car les regards successifs impriment des images en surimpression, et cela dérange l’immobilité, les certitudes sur ce qui est. Alors que l’immobilité peut faire mentir la perception. Ainsi il déchiffre les « cicatrices de la terre » et choisit «  Plutôt l’incertitude ».
 
Pour moi c’est une rencontre majeure que cette lecture. Émue devant des proximités étonnantes (en ce qui concerne la photographie et ce qu’on peut dire de la photographie). Moi avec ma série de flaques, fascinée par ces surfaces d’eau, ce qu’elles révèlent. Mes ombres sur le sol, et ma réflexion sur ce rapport au sol, à la surface. Mais j’aimerais que des photos de lui soient regroupées dans un livre (avec ce qu’il a pu écrire sur la photographie et le regard, dont les citations lues dans À L’index, à ce sujet). 
 
J’aurais aimé le citer beaucoup plus, tant j’ai apprécié de passages des textes. Mais il y a la revue pour les lire… 
 
MC San Juan
 
LIENS... 
Sur une conférence (à Reims) autour de ce numéro d’À L’Index…Texte introductif.
Bio-bibliographie, liste des livres (dont plusieurs à rééditer…).
À L’Index N° 38
Commande : Le livre à dire, Jean-Claude Tardif, 11 rue du Stade, 76133 Épouville. Le dossier, et le CD associé (voix de l’auteur) 17€

COMMENTAIRES

Merci chère Marie-Claude pour la richesse de votre recension. Vous avez su saisir l'essentiel de votre réception dans des formules qui rendent compte d'une vraie rencontre intellectuelle et poétique. Quel cadeau vous nous faites en retour, nous les concepteurs du numéro! J'aurais aimé connaître aussi votre impression à l'écoute de la lecture du CD. Car il s'agissait bien, pour moi, de faire entendre une voix.
Très cordialement,
michel lamart
Écrit par : michel lamart | 12/07/2019
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Collection "Les Plaquettes" Paysage avec mare de Jacques Boise

Voici le douzième titre de la Collection "Les Plaquettes"
Format 21X15 - 49 pages intérieures - 
avec sept gravures de Marie Alloy  












Écrire un poème aussi léger que la possibilité d'une brise sur 
la surface d'une mare. Rien de plus. Suivre simplement le
mouvement de l'eau sous les palmes d'un canard de passage.









Jacques Boise se définit comme : « sinon secret du moins 

discret par nature » et il est vrai que ses mots savent nous
parler de cette nature, la regarder, la décrire. Vagabond, 
voyageur par destination ; amateur de livres. Il marche lieue
après lieue, y perdant des livres. Il ajoute, parfois « qu'il n'a 
pas d'âge » et qui le connait un peu serait prêt à le croire. 

Après la publication de certains de ses textes dans les revues 

« À L'Index » et « Paysages d'Écrits » il nous livre, ici, une 
première suite de poèmes en prose.


À L'INDEX -Hors-série -
I.S.S.N : 1620-3887
12 €






Dans la même collection

Thierry Delhoume "Poème à Gabriel Nwènè Okoundji"
Postface Jean-Claude Tardif
Hervé Delabarre "Chemins de nuit & leurs stations"
accompagné de quatre encres de Françoise Delahaye
Catherine Baptiste "Puzzle"
Postface Odile Caradec
accompagné de cinq dessins de Pierre Rosin
Guy Girard "À l'Ouest de l'Enclume"
accompagné de douze dessins de l'auteur
Michel Lamart "Ritournelle pour un jardin de pierre"
accompagné de six monotypes de Maria Desmée
Pierre Rosin " Un reste de beau pour le reste du jour
suivi de Je émigration"
accompagné de cinq dessins de l'auteur "
Béatrice Pailler "Goûte l'eau"
accompagné de cinq dessins de Claude Jacquesson


Werner Lambersy "Vu du train"
accompagné de six photographies de Jean-Michel Marchetti



Ceux qui l'ont lu en parlent :

j'ai déjà lu DEUX fois "Paysage avec mare".
Je sais que c'est un recueil qui ne me quittera pas tant je suis en accord avec l'intimité de sa musique plus tenue qu'une respiration.


Merci, Jacques Boise est un poète selon mon coeur (B.Pailler)

Merci pour le recueil  "Paysage avec mare" que je trouve parfait. Belle écriture  envoûtante par son ouverture au rêve  en partant de faits concrets. Je vais même te dire que moi qui n’apprécie que très modestement l’abstraction, je trouve ces gravures en parfaite adéquation au texte. 
Merci (Jean-Claude Bourlès)


Oui j'ai bien reçu le livre hier matin. Je l'ai tout de suite trouvé magnifique. Le regard tout d'abord. Soin, clarté, on entend presque le vent léger entre les haies bien taillées, puis viennent les mots, ordonnés, sensés, qui touchent le cœur et la raison. Merci pour ce très bel ouvrage dont j'avais besoin. (Gilles Pépin) 



 est-ce le fait de prendre la plaquette de Jacques Boise dans la main, de la feuilleter,
de m'y plonger, alors que j'étais en train de lire un autre livre, je ne saurais vous le dire, mais ce qui est certain c'est que le Paysage avec mare a retenu mon souffle et que je me sens toute apaisée. C'est un très beau texte, un rythme qui soutient une écriture sensible au moindre frémissement comme à ce silence pourtant habité. Il faut absolument le faire connaître! (Irène Clara)


Paysage avec mare de Jacques BOISE, collection Les Plaquettes, éd. À’L’INDEX, avril 2019

Jean-Claude TARDIF vient de faire paraître dans la collection Les Plaquettes un recueil de 38 poèmes de prose signés Jacques BOISE, textes accompagnés de sept gravures de Marie ALLOY. Les poèmes dont la longueur s’établit autour de huit lignes environ ressemblent à de petits tableaux gardant la trace du passage du marcheur-poète qui devine que cette mare garde des secrets qu’elle ne voudra surtout pas partager avec un intrus, un étranger, venu la réveiller. Car elle est sensible au moindre mouvement comme aux bruits : « La mare tremble, s’agite comme apeurée. Un petit rapace l’a frôlée laissant trace en elle. » Corps fragile, même si elle ne craint rien : « Ni le cru de la lumière, ni le froid de l’ombre puisqu’elle n’est qu’elle-même », elle a la conscience d’elle-même, quand un héron s’immobilise pour l’observer : « Coassements, la mare s’enfièvre ». Dans ce paysage où « la mare n’est qu’un reflet. Une alternative », le silence est de rigueur : « La mare est noire, silence brut. Pierre d’onyx. Drap de deuil jeté sur une aire de battage. » Ce qui l’anime sous l’œil immobile d’un saule, ce sont les insectes, mouches, grenouilles, papillons et oiseaux, habitués au silence et au langage ancestral précédant celui des hommes. Avec sa discrétion et sa volonté d’éviter le moindre mot qui pourrait froisser ce lieu où, entre les racines des arbres, s’engouffre le temps, le poète avance avec douceur. Et c’est bien cette douceur, ce souci de respecter le mystère de la mare jusque dans ses profondeurs qui se dégage du recueil de Jacques BOISE : « Ecrire un poème aussi léger que la possibilité d’une brise sur la surface d’une mare. Rien de plus.() Juste progresser lentement, comme en marge. » Approche où l’homme retrouve ses racines- c’est cela aussi, la poésie.

Irène CLARA