mardi 31 octobre 2023

A L'INDEX n°46

   Vous qui avez l'amabilité de vous rendre sur ce site, prenez le temps de lire ces lignes pour mieux nous connaître et comprendre pourquoi votre soutien nous est premier - Merci à vous !


A L'index est avant toutes choses une revue dont le premier numéro est paru en 1999.  Dans un premier temps, "prolongement papier"  des Rencontres du "Livre à Dire (1997/2012), elle poursuit, aujourd'hui encore son chemin, se voulant avant tout un espace d'écrits. Au fil des numéros, elle a vu son format, sa couverture, se modifier. Pour se présenter aujourd'hui et depuis sa 20iéme livraison sous un format plus réduit (A5) et une couverture "fixe" avec comme identité visuelle la vignette créée pour la revue par l'ami Yves Barbier.


Les vingt premiers numéros ont été imprimés par l'Imprimerie Spéciale du Soleil Natal dirigée par le poète-éditeur Michel Héroult. La mort subite et prématurée de ce dernier, en septembre, 2012 a laissé la revue orpheline et désemparée. Le tirage du numéro 20 n'ayant été livré que pour moitié, il était impératif de trouver un nouvel imprimeur. La question se posa néanmoins de la cessation de parution.
Primitivement tournée presque exclusivement vers la poésie contemporaine, la revue s'est, au fil des livraisons, ouverte à la prose (nouvelles, textes courts, textes analytiques) Aujourd'hui un équilibre entre ces divers types d'écriture est recherché lors de l'élaboration de chaque numéro. Par ailleurs A L'Index travaille avec des dessinateurs et l'illustrateurs.

Si la revue se présente sous une forme le plus souvent anthologique, avec des rubriques récurrentes, elle consacre aussi à intervalles réguliers des numéros à un auteur qu'elle choisit. Ces numéros sont dits : "Empreintes". Depuis 2015 la revue publie également (hors abonnement) selon un rythme non défini, des ouvrages de poésie en bilingue. La collection s'intitule : "Le Tire-langue".  A côté de cette collection, d'autres existent : "Pour mémoire" où nous avons republié en partenariat avec les éditions Levée d'encre en 2015 "La légende du demi-siècle" d'André Laude et en 2016 "Le rêve effacé" récit de l'écrivain voyageur Jean-Claude Bourlès, entre autres, ainsi que la collection "Les Plaquettes" où, sont publiés en association avec des plasticiens des poètes contemporains (30 titres à ce jour).

Pour plus de renseignement sur ces collections et leurs titres, feuilletez les différents post de ce site




La revue A L'Index et les collections satellites, ne bénéficient d'aucune aide et se diffusent par abonnement ou achat au numéro, Notre seule publicité : le bouche à oreille des lecteurs et la fidélité de ceux qui nous connaissent et nous lisent.

Anastasiia Afanas'eva - Pierre Andreani - Joël Bastard – Jean-Marc Couvé – Vera Duarte - Emmanuel Golfin - Fernando Grignola - Haroun Guino - Al Hunter - Claire Légat - Soledad Lida - Jean-Claude Martin - Kimberley M.Blaeser - João Melo – Jim Northrup- Jacques Nuñez Teodoro - Carmen Penn Ar Run - Medhi Prévot - Matthias Politycki - Grégory Rateau - Morgan Riet - Marie-Claude San Juan – Jean-Claude Tardif - François Teyssandier - Noam Weissman - Ofelia Zepeda


TABLE DES MATIERES


Au doigt & à l'oeil par Jean-claude Tardif

Journal de la peur – poèmes- de João Melo

traduit du portuguais (Angola) par Dominique Stoenesc

Il y a toujours un drame (extraits inédits) de Joël Bastard

suivi d'une encre de l'auteur

Poèmes en attente – extraits - d'Emmanuel Golfin

Le bruit de l'eau (nouvelle) de Jean-Claude Tardif

Bourgeois & autres poèmes de Noam Weissman

traduit de l'Hébreu par Fabienne Bergmann 

Regarder suivi de L'ample, le vaste (poèmes) de Marie-Claude San Juan

Poèmes de Medhi Prévot

Aggiornamento (poème) de Jacques Nuñez Teodoro

Poème haliotique 1 - L'omble Chevalier

Jeu de Paumes (petite anthologie portative)

Pierre Andreani - Haroun Guino - Claire Légat – Grégory Rateau - Morgan Riet

La Gare (nouvelle) de François Teyssandier

Poème haliotique 2 – La Brème

Deux poèmes de Matthias Politycki

traduit de l'allemant par Joël Vincent

La vieille dame et la mer & autres textes de Soledad Lida

Poésie des Indiens des "Nations Indigènes" des Etats-Unis

traduite et présentée par Vladimir Claude Fišera

Al Hunter - Kimberley M.Blaeser - Jim Northrup - Ofelia Zepeda

Poème haliotique 3 L'épinoche

Mots tissés et métissages – poèmes – de Vera Duarte

traduit du portuguais (Cap-Vert) par Dominique Stoenesco 

Il pourrait bien neiger (nouvelle) de Carmen Penn Ar Run

Ombres plus ou moins denses (inédits 2022) de Jean-Claude Martin

Poème haliotique (ou presque) 4  - La Palourde

Poésie du l'Ukraine sous les bombes Anastasiia Afanas'eva

traduit de l'ukrainien par Valdimir Fišera

Small versus Great Britain (texte) de Jean-Marc Couvé

Poème haliotique (ou presque) 5 – La Praire

La promenade du paysan & autres poèmes de Fernando Grignola  

Montré du doigt par Valdimir Fišera et Marie-Claude San Juan



Les textes lui étant soumis le sont uniquement par voie informatique (revue.alindex@free.fr)
revue.alindex@free.fr
poesiealindex.blogspot.com



02/08/2023

À L'INDEX N° 46 (2). POÉSIE ET PROSE...

20230606_180949.jpgDans l’introduction de Jean-Claude Tardif, deux sujets. La conception de la poésie, d’abord, définie comme acte collectif, création qui se construit, se travaille, dans le temps long. Et, littérature de passage, de transmission […] d’abord enracinée dans les revues. Mais ensuite c’est une parole douloureuse, de deuil, car des êtres qui comptaient sont devenus des absents, que la mort a emportés (âge ou maladie). Expression de désespoir et de doute sur ce qui peut se faire alors, sans les Pirotte, Emaz, Noël et quelques autres, dont, notamment, l’ami cher, Werner Lambersy. Suivent, dispersés dans les pages, sept poèmes dits halieutiques, comme une litanie de signes, univers de pêche, pas métaphorique (ou peu) mais réel : l’eau et des animaux dans leur monde, avec des notes d’humour.


Alors, justement, l’eau. Même si la nouvelle de Jean-Claude Tardif ne suit pas (Le Bruit de l’eau, pp.34-37), je choisis de la mentionner là. Car c’est troublant ce lien. Univers d’eau encore. Une très belle réussite ce récit, car indépendamment de l’histoire c’est une évocation puissante d’un moment de pluie. Le réel et la force métaphorique, cette fois, sont tissés ensemble. Le personnage regarde les passants et se demande (on retrouve la tristesse des deuils mentionnés dans le texte liminaire) lesquels sont dans la mémoire d’un deuil, lesquels dans un an seront disparus aussi. Il pense la vie comme l’écoulement d’une rivière (un mouvement qui a sa propre loi, emportant le présent, effaçant). Lui-même se voit comme un poisson derrière le verre de son bocal (symbole d’impuissance) et de solitude, car il regrette de ne pas exister pour ces passants indifférents à sa présence. Il perçoit le dehors à travers une vitre (Il regardait les gouttes d’eau glisser lentement sur le verre froid). C’est comme un écran qui trouble sa recherche. Car il dit chercher quelque chose qu’il pense être le seul à pouvoir saisir (Il se devait de guetter le signe, l’infime). Là j’ai l’impression qu’on retrouve l’interrogation sur la poésie. Le poète n’est-il pas un de ceux qui doivent se rendre capables de capturer et d’offrir des signes et du sens ? (Voyant, a dit Rimbaud). Cependant l’eau n’est pas que pluie et rivière dans ce récit. Il y a l’eau souillée d’un voisin qui descend bruyamment la canalisation. Le réel trivial revient. Cependant il imagine la couleur des yeux d’une jeune femme sous la pluie, bleus ou vert, en harmonie avec l’hiver et le silence. (Ou avec l’eau…). Peut-être se tourne-t-elle vers lui, ou pas. Mais cet homme, Emmanuel, est malade. Il semble qu’il perde la mémoire et qu’il soit conscient de l’atteinte, douloureusement. Alors il décide de clore sa contemplation et sa vie par un geste final, bruit d’une arme contre bruit de l’eau. C'est la détonation sèche de son 7,65. Triste clôture.

............................

Les pages qui suivent le texte introductif (pp. 8-19) sont bilingues. Poèmes titrés Journal de la peurDominique Stoendesco, qui a traduit les poèmes de Joao Melo du portugais (Angola) nous explique le contexte, employant l’expression stratégie de survie. Textes écrits pendant le confinement dû à la pandémie (2020), et avec l’attention, aussi, portée à des révoltes et violences un peu partout dans le monde. Publication en portugais en 2021. Le premier poème (De la nécessité de la poésie) ne dit ni Je ni IL mais Elle. Dédié à la poète Hissa Hilal, il fait l’éloge d’une poésie radicale et nécessaire. Le deuxième poème (Épitaphe) est un cri. Pour...

les condamnés de la Terre,

ceux qui ne sont jamais allés au-delà des frontières

des quartiers sombres et pauvres

Ensuite (Chronique de la peur), c’est le doute sur la lucidité de l’humanité.

Puis poèmes sur naître et mourir, mort (aussi) par assassinat. Et de nouveau, interrogation sur ce qu’est la poésie.

.......................

Emmanuel GolfinPoèmes en attente (pp. 28-33) regarde et dit la lumière.

Pas la solaire et vive, la douce : la lueur ténue des lampes dans la nuit.

Et celle des visages : Obliques lueurs des patiences inavouées

Ou les

Brèves trouées luisantes dans la nuit

(celles des trains).

Méditation, esquisse de grandes questions : la vie, la mort, le mystère même de la création :

Parfois une incompréhensible force dicte

Des phrases venues des gouffres sac et ressac

Pour miracle de la venue dans la lumière 

.........................

Traduction, de nouveau (pp. 38-40. De l’hébreu. Quatre poèmes de Noam Weissman, traduits par Fabienne Bergmann.

Évocations un peu désabusées des humains dans leurs illusions, les apparences, et coupés du monde, piégés dans le virtuel des écrans. Mais une note d’espoir (qui n’en est pas une car projetée loin dans le temps.…) pour un futur où quelqu’un sortirait de cet état d’absence et regarderait de nouveau le monde réel, où un musicien créerait ce qu’il a entendu en rêve.

Une nuit

Tu te réveilleras.

Vision désabusée, oui.

Mais le questionnement peut s’entendre.

...

Mes textes (poème et méditation en prose) suivent (mais c'est en recension précédente, comprenant aussi ma note de lecture d’un recueil de Michel Diaz).

..........................

Plusieurs poèmes de Mehdi Prévot (pp. 45-49).

Mémoire, silences, non-dits, émotions, et peut-être colères. Et, écho de proximité, Nerval.

Quand l’inattendu de la parole vient troubler la prière improvisée

du silence

Ce qu’on ne dit pas se fraye un chemin sous la table

Pourtant bien dressée (p. 45)

[…]

Et j’ai passé la nuit à me voir dans la coupole du monde

À scruter la venue des anges

Mais pour compagne j’ai la nuit intruse au-dedans (p. 49)

..............................

Aggiornamento, poème de Jacques Nuñez Teodoro (p. 50)

On ne voyage pas

On bouge des restes de rêves

............................

Claire Légat, Promenoir des Déracinés, poèmes (pp. 62-63)

Toujours le choix de la mise en page centrée, vers brefs le plus souvent. Des touches délicates, comme des fragments sculptés.

transe

  du

corail

[…]

                                                en

                                               nids

                                           mes mains

                   pour consigner l’inquiétude et l’insomnie

                                         de la matière

                            pour intimer par sa musique

                               la naissance d’une étoile 

................................

Poèmes des Indiens des Etats-Unis (pp. 82-86). Traduction (de l’anglais américain) et présentation par Vladimir Claude Fisera.

Jim NorthrupÀ faire le psy (p. 82-83)

J’ai survécu à la guerre

J’avais des ennuis à survivre à la paix

[…]

je me suis rendu compte

que c’était à moi de survivre à la paix

.

Kimberley M. BlaeserApprendre à réclamer justice (pp. 83-84)

Et aucun vent du désert

ne saurait relever

cette histoire de perte et de manque

.

Al Hunter, La coupe à prière (p. 85)

Quand la lune est tournée vers le haut comme une coupe à remplir

On doit la remplir. On doit la remplir en honorant les esprits de la création

[…]

Des prières pour le Créateur, des prières pour nous-mêmes, avec les instruments sacrés

Qui nous relient à la gloire de ce monde, qui nous relient à la gloire de ce monde

Et au monde au-delà de notre sommeil.

.

Ofelia ZepedaEnterre-moi avec un orchestre (p. 86)

Ma mère disait : « Enterre-moi avec un orchestre »

[…]

Le créosote [...]

C’est pour qu’elle garde sur elle l’odeur du désert,

Pour lui rappeler son foyer une dernière fois.

(Le créosote est une plante du désert)

.......................

Poèmes de Vera DuarteMots tissés et métissés (pp. 87-99)

Traduction du portugais (Cap-Vert) par Dominique Stoenesco

Enfant de la rue (p. 89)

Sur la plage à la merci des goélands

Des enfants dorment à la belle étoile

Leurs corps épuisés par la faim chronique

Ne parviendront pas intacts à l’aube

Les mots (p. 90)

Dans ma jeunesse j’ai été habitée par des dieux païens qui incendiaient mes veines à coups d’eau-de-vie et m’obligeaient à broyer des mots avides  aux hypnotiques aurores et aux nocturnes désespoirs.

[…]

Avec les mots viendrait le temps de la liberté et de l’égalité.

Métissage (p. 91)

Je me sens prêtresse du métissage

Solitude (pp. 98-99)

Au commencement il n’y avait rien

Seule l’eau entourait et isolait tout

[…]

Ô îles de Noirs et de Blancs

Terre aux mille fusions

Ton peuple d’exilés

Rachète l’humanité

 ..............................

Et voici le texte inclassable de Carmen Pennarun.

Il pourrait bien neiger (pp. 101-112)

C’est un chant d’amour adressé à Emily Dickinson, cette immense poète dont l’œuvre n’a été connue et reconnue vraiment qu’après sa mort. Être magnifique vivant dans un certains secret, en intériorité profonde et volontairement en grand retrait. Comme si sa poésie était surtout exercice intime, ascèse mystique, qu’elle offrait pour un éventuel futur, sans ambition pour le présent.

Carmen Pennarun connaît parfaitement l’œuvre et la vie de la poète, c’est évident. Elle en a une connaissance qui lui fait exprimer une proximité particulière, avec des intuitions et des perceptions fulgurantes. Elle révèle Emily Dickinson, et se révèle aussi. Elle pénètre dans l’univers de celle qui côtoie un autre monde, avec la tendresse qu’on a pour une amie dont on partage bien des traits, même si les choix sont différents (elle peut même adresser des reproches à celle qui par certains côtés veut nous échapper et a renoncé à tant, à trop).

D’abord c’est un récit, double. L’histoire d’Emily, et l’histoire de Mary (peut-être Carmen, réellement ou en rêve…). La vie vraie d’une femme d’un autre siècle, morte en 1886, dont la narratrice, Mary, la jeune fille au calepin, se sent contemporaine, au point de provoquer une rencontre posthume, un dialogue par l’écriture. C’est l’aventure fantastique de Mary partie à la recherche du monde de la poète qu’elle admire tant et vivant de mystérieuses synchonicités, rencontrant des productions du hasard, des signes qui la font basculer entre deux temps.

Carmen Pennarun s’interroge au sujet de l’éprise d’absolu, de sa passion impossible pour un homme, et de son évitement, aussi, de peur de se confronter à un réel décevant. Puis elle fait visiter la tombe d’Emily à Mary, trouver un objet (un stylo bien sûr) qui a traversé les siècles, et rencontrer un chien qui est le jumeau de celui d’Emily, avec le même nom…

Et cette fois Carmen Pennarun reprend autrement la plume pour écrire à Emily et rêver, pour elle, de retrouvailles avec son Lord, Otis Philips. Imaginant qu’au-delà de la mort la rencontre a pu se réaliser : c’est la peau de ton âme qu’il fait frémir pour qu’elle vive charnellement dans l’éternité.

Mais les lecteurs ont été prévenus. Car la lettre adressée à Emily par son amie du XXIè siècle leur envoie aussi un message. Il suffit d’inverser un peu les termes et on comprendra qu’il est demandé d’accepter de bousculer un peu sa rationalité : Si je peux me le permettre, sans vouloir vous faire offense et sans troubler votre immatérialité, je vous propose, comme un échange de bon procédé – puisque de mon côté la matérialité aujourd’hui fut sérieusement ébranlée – de partager mon rêve.

......................

Traduction. Poésie de l’Ukraine sous les bombesAnastasia Afanas’eva.

Traduction, et présentation (p. 116), par Vladimir Claude Fisera.

La poète, médecin de formation, devenue psychologue médicale en psychatrie, témoigne de son vécu (réfugiée dans une cave avec les siens, et renaissant d’une autre manière dans cette guerre), elle a décidé de ne plus écrire en russe, pas par haine de cette culture mais « dégoûtée de parler et d’écrire dans la même langue qu’eux ». Poésie moderniste ayant rompu avec l’esthétique soviétique, elle est lectrice, notamment, de Celan et Eliot.

C’est là, chez moi (p. 117)

C’est là, chez moi,

Il y avait un pont, là,

maintenant il n’y en a plus.

[…]

C’est là qu’on vit, contre la clôture.

Dans le ventre du diable,

Oui, c’est bien là.

.........................

Poèmes de Fernando Grignola (pp. 124-129).

Ils ont été publiés en recueil trilingue (français-italien-dialecte d’Agno)

aux Éditions Conférence, en 2023. Sélection de trois textes.

Le souffle de mes gens (p. 127)

Le souffle de mes gens, Seigneur,

Il a le goût de la fatigue et des travaux.

(Ou la vie des paysans de sa région.)

..........................

Et, rubrique Montré du doigt,

Deux recensions de Vladimir Claude Fisera.

Henri Calet (1904-1956) et le patriotisme

L’introduction rappelle la participation d‘Henri Calet  à la résistance et l’écriture d’articles dans Combat.  La publication du recueil de ses articles est mentionnée (Contre l’oubli, Grasset, 1956).

Suivent des extraits sur le patriotisme, opposé au nationalisme. On retrouve les valeurs des résistants de Combat et cette conception que développa particulièrement Camus.

Autre recension du même auteur,

De Lina KostenkoJournal d’un fou ukrainien, trad. Nikol Dziub et Sonia Philonenko, L’Harmattan, 2022.

Vladimir Claude Fisera l’introduit ainsi : « Le grand livre de la douloureuse renaissance actuelle de l’Ukraine ». Le journal est daté entre 2000 et 2004 (la Révolution Orange), s’appuyant sur la connaissance des faits marquants dont la catastrophe de Tchernobyl et des mouvements dissidents : années 60 et 1990-1991. Mais le livre a été écrit de 2001 à 2010. Il est très volumineux et pourtant très lu. L’écrivaine, née en 1930, est très populaire.

...

Ma recension du recueil de Michel Diaz est sans la note précédente..



































































































































Bonjour Monsieur TARDIF,
Je viens de terminer ma première lecture de la revue numéro 46 ( je dis première , parce qu'après je relis  )
L'on vient de m'offrir un livre concocté par Mr RENARD Thierry et Bruno DOUCEY :"Frontieres , petit atlas poétique "et je savoure les pages de ce voyage sans frontières. Coïncidence , la revue ( et cette fois encore plus particulièrement )est aussi un voyage sans barrières dans le vaste monde et j'ai goûté ce voyage bonheur.
Voilà , c'était juste pour vous dire ce plaisir d'un lecteur  qui ,j'espère , récompense quelque  peu le travail  qu'il y a derrière  chaque revue pour les composer, trouver les textes, les traductions,  les mettre en page, etc....

Collection "Les Plaquettes" présente : Les Rayons du Blanc d'André Duprat

 


Voici le quarantième titre de la collection "Les Plaquettes". Format dit "à la française" 15X21 - 39 pages 

accompagnés de dix encres de Léo Verle


















Bonjour Monsieur TARDIF;
Je me permets juste un petit écho.Je me suis plongé dans la lecture d'André DUPRAT et j'ai trouvé ce recueil bien délicieux.;
J'ai trouvé une écriture à la fois remplie de simplicité et  tres recherchée, des images que l'on croit voir devant ses yeux.
En outre , les encres de Léo VERLE s'ajustent parfaitement aux textes et les soulignent
Voilà , c'était juste pour vous faire part d'un ressenti de lecteur heureux d'avoir connu ces poèmes.
Cordialement
jean jacques Camy

accompagnés de dix encres de Léo Verle

Collection "Les Plaquettes" présente : Aller à Cru de Richard Roos-Weil


  Voici le trente-neuvième titre de la collection "Les Plaquettes".

 Format "à la française" 15X21 - 45 pages 

(Tous les titres de cette collection sont des "tirés à part" de la revue A L'INDEX)

Collection "Les Plaquettes" présente : "Le Lointain" de Jean-Claude Bourdet




 Voici le trente-huitième titre de la collection "Les Plaquettes". Format dit "à la française" 15X21 - 54 pages 
Il est accompagnés de six peintures de Ly-Thanh Huê


Le lointain


« Ecrire ce n’est pas vivre. C’est peut-être survivre » Blaise Cendrars

Glossaire

La ressource principale des références est Wikipédia ou certains articles référencés.


Aïta : chant marocain, appel, cri ou complainte, support de lutte contre la colonisation française. Chanté en dialecte Darija par des groupes composés de chanteurs, de musiciens et de danseuses. Un festival Aïta est régulièrement organisé à Safi. Cheikh Kerboucha fut une chanteuse marocaine, icône de l’Aïta, figure mythique des luttes paysannes contre le pouvoir central au XIX é siècle dans la région de Abda. Emblème de l’émancipation féminine d’une société patriarcale autoritaire. Son destin est lié à celui d’Issabin Omar al abhi caïd et représentant du Makhzen, symbole du pouvoir du monarque marocain (magasin, ancien lieu de stockage des denrées de base par le pouvoir saoudien qui régnait alors sur le maroc).

Alandier : foyer des fours servant à la cuisson des céramiques.

Alice Barthou : Alice Julie Catherine Mayeur, est née à Paris le 1er mars 1873. Journaliste, écrivaine (Au Moghreb parmi les fleurs, La maison enchantée), aventurière. Devenue à 23 ans la femme Louis Barthou, ministre, mort accidentellement lors d’un attentat à Marseille en 1934. Alice Barthou était une personnalité en vue de la vie parisienne. En 1914, infirmière major engagée volontaire, elle fut chargée de différentes activités humanitaires dans la capitale. Cette action lui valut la légion d'honneur qu'elle refusa. Alice et Louis Barthou n'ont eu qu'un fils, Max Emile, né le 28 janvier 1896. Engagé volontaire à 18 ans en août 1914, il mourra des suites de ses blessures à l'Hôpital de Thann, le 14 décembre de la même année. Mme Barthou est décédée à Paris le 15 janvier 1930 des suites d'une longue maladie. La disparition de Louis Barthou constitue une perte non sans conséquence pour la France. Il était l'artisan et le moteur d'une politique visant à la constitution d'une alliance contre le péril nazi et nul ne reprend cette idée après sa mort. (Wikipédia)

Almoravides : dynastie berbère saharienne du XIe – XIIe siècle qui constitua un empire englobant le Maroc, le Sahara occidental, la Mauritanie, une partie du Mali moderne, de l’ouest algérien et du sud de la péninsule ibérique.

Anella : Henné en tamâhaq (langue berbère) et en dialecte de Ghât (dialecte berbère de la région de Ghadamès, sud-ouest de la Libye).

Anath, Anat : panthéon ouest-sémitiques, Anat est une déesse, fille du dieu Dagan ou Dagon dieu des grains et des cultures, , elle est la sœur du dieu Baal, dieu de la foudre qu’elle épousa en se métamorphosant en vache.

At-Tib-An-Nabawi : livre de médecine prophétique (Islam).

Araziq, (rif marocain, région septentrionale du Maroc) : poème et chants qui accompagnent le marié à la chambre nuptial, fête son passage de la vie de jeune homme à celle d’homme marié.

Baal, dieu du soleil et de l’orage dans le panthéon cananéen, fils du roi des dieux, El et de la déesse de la mer Achéra.

Bataille de Badr : affrontement, que la tradition islamique situe entre les villes de La Mecque et de Médine vers 624 à la suite de L’Hégire, qui oppose la tribu des Quraysh bien supérieure en nombre de combattants à Mahomet et ses compagnons. Malgré leur infériorité numérique Mahomet est vainqueur.

Bouzouki, Bouzouc, Buzuq : luth à long manche originaire de Grèce.

Casbah : citadelle arabe. Quartier d’une ville arabe.

Chaâbi : genre musical populaire arabe du Maroc.

Cheikh Abi Mohammed Salih : Soufi marocain, né à Safi, début du XIIé siècle, enterré à Safi. Sain et Faqih, juriste, enseignant.

Cheikh et cheikhates : chanteurs et chanteuses marocains qui pratiquent l’art de l’Aïta. Bouchaib El-Bidaoui est considéré comme un cheikh qui a excellé dans l’interprétation du “Marsaoui”. Il était aussi un comédien qui s’est révolté contre les traditions et les coutumes de la société d’avant l’indépendance. C’est une légende de l’Aïta dont le nom restera gravé à jamais dans l’histoire de la chanson marocaine. (MJT, Bouchaib El Bidaoui …La légende de l’Aïta, Simo Benbachir, 10 juillet 2020)

Chouwafate ou chouaafa : voyante.

Coufique : d'une écriture arabe ornementale (calligraphie et inscriptions coraniques).

Gnaoua : ensemble de productions musicales, de performances, de pratiques confrériques et de rituels à vocation thérapeutique dans lequel le profane se mêle au sacré. Style musical marocain, nom d’une confrérie religieuse populaire au XIXé siècle.

Gumbri ou guembri ou gembri : luth-tambour à trois cordes utilisées dans et par les Gnaouas.

Guy Jane, pseudonyme de Marguerite Estelle Berthau : institutrice, écrivaine, aventurière, Les enfants et les animaux. Préface de Léon Frapié. Illustrations de Jacques Nam, Ed. A. Lemaire, Paris, 1934 ; Cinq semaines au Maroc Ed. Alphonse Lemaire, Paris, 1932.

Hadîth : communication orale de Mahomet rapportée par une chaine de transmetteurs. Tradition prophétique. Actes et paroles du prophète composées en recueils.

Iblis ou Ibliss : le Malin, nom de Satan dans l’Islam. Djinn de feu qui refuse de se prosterner devant Adam.

Izran ou Izlan : Rif marocain, très court poème à mélodie et rythme fixe, poème de deux vers, chants amazights du maghreb amazigien.

Kaaba, Ka’ba ou Ka’aba : édifice du VIIé siècle recouvert d’étoffe de soie noire, lieu le plus sacré de l’islam, situé dans la cour de la grande mosquée de la Mecque.

Kanji : caractère chinois de l’écriture japonaise.

Koutoubia (le) : navire de croisière de la compagnie Paquet. Construit sur les chantiers de la Seyne en 1930. Le navire assura la ligne Marseille-Casablanca de 1933 à 1961.

Ksar El-Bahr : château fort de Safi, érigé par les Portugais au début du XVIé siècle.

Laâbi Abdellatif : poète contemporain d’origine marocaine, né à Fès, a écrit, entre-autre, Le spleen de Casablanca, L’arbre à poèmes, anthologie personnelle, 1992-2012. Prix Goncourt de poésie (2009).

Mâalems : maitre musicien ou de cérémonie.

Maharadja, maharajah : prince hindou.

Mogador : nom portugais d’Essaouira.

Naskhi : alphabet ou caractère qui sert à écrire en langue arabe.

Ney ou Nay, Naï, nâi : flûte à embouchure terminale en roseau, famille des bois.

Omeyyades ou Umayyades : dynastie arabe qui régna sur al-Andalus de 756 à 1031.

Oued Chaaba ou vallée du Chaaba à Safi : quartier de potiers produisant des tuiles vernies vertes.

Qoutayba : Ibn Qoutayba, érudit musulman, polygraphe sunnite du IX é siècle.

Quraysh ou quraychites ou qouraychites : tribu où nait Mahomet, dans le clan des Hashim. Les Quraychites sont les membres de cette tribu. La tribu contrôlait la Mecque et la Kaaba qui était alors un sanctuaire païen, lieu de pèlerinage préislamique et importante foire commerciale.

Râgas : le raga est dans l’hindouisme et le bouddhisme un des fruits de l’ignorance : le désir. Le raga du matin correspond au chagrin, celui du soir à l’espoir. Les râgas sont des notes et des thèmes musicaux de la musique académique hindoustane sur lesquels se développent des improvisations. Tradition ancestrale, les râgas sont influencés selon les régions et l’histoire d’origine des compositeurs.

Saadi (1210-1292) : écrivain, poète soufi d’origine persane, auteur du Golestan (Jardin des roses) et du Boustan (Jardin des fruits).

Sadaqa : charité. Don volontaire reconnu dans l’Islam comme une grande vertu de celui qui le pratique.

Sanskrit : langue indo-européenne, langue classique de la civilisation brahmanique de l’Inde.

Seyne : ancien chantier naval (Société des forges et chantiers de la Méditerranée (1711-1987)) situés à La Seyne-sur-Mer dans le département du Var.

Sirocco : vent du sud-ouest chaud et sec, d’origine saharienne.

Solipsisme : forme d’idéalisme philosophique et métaphysique selon lequel la seule chose dont l’existence est certaine c’est le sujet pensant, seule réalité de l’existence.

Soufisme : Pratiques ésotériques et mystiques de l’Islam recherchant une purification de l’âme pour se rapprocher de Dieu. Les pratiquants mystiques utilisent des techniques musicales mais aussi vocales et respiratoires particulières pour maitriser le corps et accéder à des états de grâce extatique. Les mystiques sont appelés les Soufis.

Souks : marché couvert des pays arabes associe des boutiques et des ateliers de fabrication artisanaux.

Sunna : tradition et pratique du prophète Mahomet et modèle à suivre pour les musulmans. Tradition orthodoxe de la religion islamique.

Tar ou Târ : instrument iranien, luth à long manche avec un corps en forme de double cœur. Azerbaïdjan Iranien.

Thaghr :

Tarif ibn Malik : général, chef militaire commandant ayant vécu au VIIIé siècle. Il dirigea la première conquête de la péninsule Ibérique en 711. La ville espagnole de Tarifa porte son nom.

Traboule : passage étroit qui traverse un pâté de maisons, des cours d’immeubles. Les traboules lyonnaises.

Twiza : mouvement de chantiers participatifs qui trouve ses origines dans les pratiques d’entraide qui sont nécessaires dans les sociétés traditionnelles. En Berbère cette pratique s’appelle « Twiza ».

Ttib nabawi : médecine prophétique

Zaouia : édifice religieux musulman, centre autour duquel une confrérie soufie se structure.

Yazidis ou Yézidis : Ethnie Kurde du nord de la Turquie, adepte d’une religion monothéiste plongeant ses racines dans l’Iran antique. Minorité confessionnelle considérée comme une survivance du mithraïsme iranien (romain). Les Yézidis, entre reconnaissance de l’identité et émigration. Entretien avec Shivan Darwesh, Confluences Méditerranée, 2018/2 N° 105, p 131-139, Cairn.














Format 21x15 "à la française" - 64 pages intérieures -