dimanche 29 septembre 2024
A L'INDEX N°49
Vous qui avez l'amabilité de vous rendre sur ce site, prenez le temps de lire ces lignes pour mieux nous connaître et comprendre pourquoi votre soutien nous est premier - Merci à vous !
A L'index est avant toutes choses une revue dont le premier numéro est paru en 1999. Dans un premier temps, "prolongement papier" des Rencontres du "Livre à Dire (1997/2012), elle poursuit, aujourd'hui encore son chemin, se voulant avant tout un espace d'écrits. Au fil des numéros, elle a vu son format, sa couverture, se modifier. Pour se présenter aujourd'hui et depuis sa 20iéme livraison sous un format plus réduit (A5) et une couverture "fixe" avec comme identité visuelle la vignette créée pour la revue par l'ami Yves Barbier.
Les vingt premiers numéros ont été imprimés par l'Imprimerie Spéciale du Soleil Natal dirigée par le poète-éditeur Michel Héroult. La mort subite et prématurée de ce dernier, en septembre, 2012 a laissé la revue orpheline et désemparée. Le tirage du numéro 20 n'ayant été livré que pour moitié, il était impératif de trouver un nouvel imprimeur. La question se posa néanmoins de la cessation de parution.
Antoine Bargel – Joël Bastard - Jean Bensimon - Jacques Boise - Alexis Bottemer - Heather Cahoon - Lise Carpentier - Stéphane Casenobe - Vladimira Čerepkova –- Fritz Deppert - Michel Diaz – André Duprat - Georges Friedenkraft - Valéry Fossard - Pierre Gondran - Antoine Hirsch - Loïs Japhane -Paul Henri Jutant - Parviz Khazraï - Ilija Ladin - Samuel Martin-Boche – Iren Mihaylova - Flore Nélin - Gilles Pépin – Arnnaud Rivière Keraval - Jean-Claude Tardif – Anastasia Taylor-Lind - François Teyssandier - Edward Thomas - Jean-Claude Xuereb - Pavel Zajíček
Table des Matières
Au Doigt & à l'oeil par Jean-Claude Tardif
Mes prières ont une faible empreinte carbone et autres poèmes
de Stéphane Casenobe
Embrasures (poèmes en prose) de Michel Diaz
Hommage à Pessoa et autres poèmes d'Alexis Bottemer
Dessin de Peter Neu
Anastasia Taylor-Lind et l'Ukraine (la poésie comme témoignage) présentation et traduction par Vladimir Claude Fišera
Le métier du poète (poèmes) d' Antoine Bargel
Cartes Postales (poèmes) de Paul Henri Jutant
À Malte, les jardins San-Anton (prose) de Jean-Claude Xuereb
Corps cillé & autres poèmes de Flore Nélin
Tant de pièges dans les ailes de l'amour - poème inédit de Parviz Khazraï
Trois Poèmes de Pavel Zajíček
présentation et traduction par Vladimir Claude Fišera
Jeu de Paumes - Petite anthologie portative -
Lise Carpentier - Loïs Japhane - Gilles Pépin - Arnaud Rivière Keraval - Samuel Martin-Boche
Onenn ou l'intranquillité (nouvelle) de Jean-Claude Tardif
Parole donnée à Jacques Boise
accompagnée de deux photo-images de Léo Verle
La Recherche et autres textes de Jean Bensimon
Quatre poèmes de Vladimira Čerepkova
présentés et traduits par Vladimir Claude Fišera
La mer, j’avance. & autres textes de Valéry Fossard
Le rêve de Narcisse (poème) de Iren Mihaylova
Poésie Bosniaque : Ilija Ladin
traduit et présenté par Vladimir Claude Fišera
Les grands défrichements (poèmes) de Pierre Gondran dit Remoux
Dessin de Peter Neu
Klagelieder/Complainte et autres poèmes de Fritz Deppert
traduits de l'allemand par Joël Vincent
Voyageur de l’invisible (suite) de François Teyssandier
Le soldat ou la devise (poème) d’Antoine Hirsch
Horsefly Dress -extraits - de Heather Cahoon
traduite et présentée par Béatrice Mâchet
Les Tiers eaux (poème) d'André Duprat
Fleurs pour la vie – haïkus – suivi de La couleur des fleurs : une érotique erreur de Georges Friedenkraft
Poésie anglaise : Edward Thomas
traduit et présenté par Vladimir Claude Fišera
Un pays que l'on n'oublie pas (Nouvelle) de Joël Bastard
précédé de "Marraine Mélancolie" dessin de l'auteur
Signes/Glyphes/Graphes : Les Cahiers du Loup bleu
Montrés du doigt – Marie-Claude San Juan
A L'INDEX N°48
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A L'index est avant toutes choses une revue dont le premier numéro est paru en 1999. Dans un premier temps, "prolongement papier" des Rencontres du "Livre à Dire (1997/2012), elle poursuit, aujourd'hui encore son chemin, se voulant avant tout un espace d'écrits. Au fil des numéros, elle a vu son format, sa couverture, se modifier. Pour se présenter aujourd'hui et depuis sa 20iéme livraison sous un format plus réduit (A5) et une couverture "fixe" avec comme identité visuelle la vignette créée pour la revue par l'ami Yves Barbier.
Les vingt premiers numéros ont été imprimés par l'Imprimerie Spéciale du Soleil Natal dirigée par le poète-éditeur Michel Héroult. La mort subite et prématurée de ce dernier, en septembre, 2012 a laissé la revue orpheline et désemparée. Le tirage du numéro 20 n'ayant été livré que pour moitié, il était impératif de trouver un nouvel imprimeur. La question se posa néanmoins de la cessation de parution.
Claude Andrzejewski - Marc Baron - Catherine Baptiste – Anne Barbusse - Jacques Boise - Jean-Jacques Camy - Frédéric Chef – Jean-Marc Couvé - Salvador Espriu – Valéry Fossard - Patrick Joquel - Christian Jordy - A.Kadir Paksoy - Parviz Khazraï – Yves Noël Labbé - Michel Lamart - Gérard Le Gouic -Soledad Lida - Iren Mihaylova – Serge Muscat – André Prodhomme - Vladimir Queiroz -Cleberton Santos - Line Szöllözi - Jacques Nuñes Teodoro - Jean-Claude Tardif – Joan Vinyoli
Table des Matières
Au doigt & à l’oeil de Jean-Claude Tardif
Depuis la fenêtre des cauchemars et autres poèmes de Parviz Khazraï
Jeu de Paumes (Petite anthologie portative)
Jean-Jacques Camy -Soledad Lida - Iren Mihaylova - Serge Muscat - Jacques Nuñes Teodoro
Disparition (nouvelle) de Jean-Claude Tardif
Écho et Narcissus (poème)de A.Kadir Paksoy
traduit du turc par l'auteur
Agitation moléculaire (poèmes) de Frédéric Chef
Courir le risque (poèmes) de Marc Baron
L’homme qui rit est un malpropre pour l’homme qui pleure (et réciproquement) – note - par Jean-Marc Couvé
Exercices du plus haut silence (poèmes) de Patrick Joquel
El Vent d'Aram /Vent d'Aram (extrait) de Joan Vinyoli
traduit du catalan par Pierre Mironer
Cannibale XL (nouvelle) de Claude Andrzejewski
Les Hores /Les Heures, (extraits) de Salvador Espriu
traduit du catalan par Pierre Mironer
La tournée du baron (nouvelle) de Christian Jordy
Journal de rien et au-delà de Gérard Le Gouic
Jean Dupont (nouvelle) de Michel Lamart
Quatre poèmes inédits de Line Szöllözi
L’incomplète (extraits) par Anne Barbusse
Poètes de Bahia -1-Cleberton Santos
traduit du portugais (Brésil) et présenté par Dominique Stoenesco
Chute (poème) de Valéry Fossard
Silence s'entend (poème) de Catherine Baptiste
Poètes de Bahia -2-Vladimir Queiroz
traduit du portugais (Brésil) et présenté par Dominique Stoenesco
Impromptu au corbeau (poèmes) de Jacques Boise
Une nuit à l’Écotière (texte) de Yves Noël Labbé
Quand je lis un poète (poèmes) d'André Prodhomme
Montré du doigt par Paul-Henri Jutant
La Collection Les Plaquettes présente "l'orée du vide au gré de quelques notes" d'Isabelle Rebreyend
Voici le quarante-quatrième titre de la collection "Les Plaquettes". Format dit "à la française" 15X21 - 51pages (tous ces titres sont des "tirés à part" de la revue A L'INDEX) Ce titre est accompagné de dix lectures aux pinceaux de jaumes privat et d'une postface de Joan-Pèire Tardiu
mardi 31 octobre 2023
A L'INDEX n°47
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Les vingt premiers numéros ont été imprimés par l'Imprimerie Spéciale du Soleil Natal dirigée par le poète-éditeur Michel Héroult. La mort subite et prématurée de ce dernier, en septembre, 2012 a laissé la revue orpheline et désemparée. Le tirage du numéro 20 n'ayant été livré que pour moitié, il était impératif de trouver un nouvel imprimeur. La question se posa néanmoins de la cessation de parution.
Dossier
Poésie Castillane contemporaine
Claude Andrzejewski - Yves Arauxo – Françoise Besnard Canter - Jean Bensimon – Jean-Jacques Camy - José Luis Cancho - Marco Canteli - Jean-Marc Couvé - Sandrine Davin – Hervé Delabarre - André Duprat -Victor M.Diez - Valéry Fossard – Pascal Gomez - Augustin Gracia Calvo - Jean-Noël Hislen - Michel Lamart - Porfirio Mamani Macedo - Miguel Marinas - Jean-Claude Martin – Jean-Pierre Otte – Morgan Riet - Myette Ronday - Santiago Ruiz Arteguy - Toma Salvador - Luis Santana - Bruno Sourdin - Jean-Claude Tardif – Claude Vancour - Tom Wintringham - Pavlo Vichébaba - Elvire Ybos
Montrés du Doigt par
Vladimir Claude Fišera- Paul-Henri Jutant
Table des matières
Au doigt & à l’oeil de Jean-Claude Tardif
À une encablure (poèmes) de Elvire Ybos
Soupault, l’étrange voyageur sans bagages (entretien)
Jean-Marc Couvé/Bruno Sourdin -Dieppe, avril 2023.
L'arbre solaire (encre) de Léo Verle
Sept voix de la Poésie Castillane d'aujourd'hui
traduits du castillan par Roberto San Geroteo
José Luis Cancho - Marco Canteli - Augustín García Calvo - Miguel Marinas - Víctor M. Díez -Tomás Salvador González -Luis Santana
L’Homme bleu (nouvelle) de Jean Bensimon
"Apologie d'une peine de coeur" (Haïkus) de Pascal Gomez
Histoire de mer (nouvelle) de Jean-Claude Tardif
Ressac (notes) de Valéry Fossard
Jeu de Paumes (petite anthologie portative)
Jean-Jacques Camy – Sandrine Davin – Morgan Riet – Claude Vancour
Le livre de Knockandré de Jean-Claude Martin
Bonsoir (poème) d'Hervé Delabarre
Les entrefaits par le Quatuor d’Arnal (Jean-Noël Hislen -Myette Ronday -Yves Arauxo - Jean-Pierre Otte)
La Pointe/The Spit (poème) de Françoise Canter
Below Vimy/Sous Vimy (poème) de Tom Wintringham
traduit et présenté par Vladimir Claude Fišera
Nadège en cage (nouvelle) de Claude Andrzejewski
La sombra que pasa/ L’ombre qui passe (poèmes) de Porfirio Mamani Macedo
traduit de l’espagnol par Sophie Ferreira Ramos
Guerre et Poésie en Ukraine aujourd'hui : Pavlo Vichébaba
traduit et présenté par Vladimir Claude Fišera
Tryptique (poèmes) d'André Duprat
Pour saluer l'écrivain Michel Cosem par Michel Lamart
Quatre Poèmes de Santiago Ruiz Arteguy
traduits par Claudine Hauchard
Montrés du doigt par Vladimir Claude Fišera et Paul-Henri Jutant
Collection "Les Plaquettes" présente Forêts et Autres lieux de Jacques Boise
Voici le quarante-troisième titre de la collection "Les Plaquettes". Format dit "à la française" 15X21 - 41pages
(tous ces titres sont des "tirés à part" de la revue A L'INDEX) Ce titre est accompagné de sept encres de Léo Verle
Collection "Les Plaquettes" présente : D'Ombres et d'autres de Hervé Delabarre
Voici le quarante-deuxième titre de la collection "Les Plaquettes". Format dit "à la française" 15X21 - 41pages
(tous ces titres sont des "tirés à part" de la revue A L'INDEX) Ce titre est accompagné de quatre encres de l'auteur
Collection "Les Plaquettes" présente : Ensemencement d'Emmanuel Golfin
Voici le quarante-et-unième titre de la collection "Les Plaquettes". Format dit "à la française" 15X21 - 69 pages
A L'INDEX n°46
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A L'index est avant toutes choses une revue dont le premier numéro est paru en 1999. Dans un premier temps, "prolongement papier" des Rencontres du "Livre à Dire (1997/2012), elle poursuit, aujourd'hui encore son chemin, se voulant avant tout un espace d'écrits. Au fil des numéros, elle a vu son format, sa couverture, se modifier. Pour se présenter aujourd'hui et depuis sa 20iéme livraison sous un format plus réduit (A5) et une couverture "fixe" avec comme identité visuelle la vignette créée pour la revue par l'ami Yves Barbier.
Les vingt premiers numéros ont été imprimés par l'Imprimerie Spéciale du Soleil Natal dirigée par le poète-éditeur Michel Héroult. La mort subite et prématurée de ce dernier, en septembre, 2012 a laissé la revue orpheline et désemparée. Le tirage du numéro 20 n'ayant été livré que pour moitié, il était impératif de trouver un nouvel imprimeur. La question se posa néanmoins de la cessation de parution.
Anastasiia Afanas'eva - Pierre Andreani - Joël Bastard – Jean-Marc Couvé – Vera Duarte - Emmanuel Golfin - Fernando Grignola - Haroun Guino - Al Hunter - Claire Légat - Soledad Lida - Jean-Claude Martin - Kimberley M.Blaeser - João Melo – Jim Northrup- Jacques Nuñez Teodoro - Carmen Penn Ar Run - Medhi Prévot - Matthias Politycki - Grégory Rateau - Morgan Riet - Marie-Claude San Juan – Jean-Claude Tardif - François Teyssandier - Noam Weissman - Ofelia Zepeda
TABLE DES MATIERES
Au doigt & à l'oeil par Jean-claude Tardif
Journal de la peur – poèmes- de João Melo
traduit du portuguais (Angola) par Dominique Stoenesco
Il y a toujours un drame (extraits inédits) de Joël Bastard
suivi d'une encre de l'auteur
Poèmes en attente – extraits - d'Emmanuel Golfin
Le bruit de l'eau (nouvelle) de Jean-Claude Tardif
Bourgeois & autres poèmes de Noam Weissman
traduit de l'Hébreu par Fabienne Bergmann
Regarder suivi de L'ample, le vaste (poèmes) de Marie-Claude San Juan
Poèmes de Medhi Prévot
Aggiornamento (poème) de Jacques Nuñez Teodoro
Poème haliotique 1 - L'omble Chevalier
Jeu de Paumes (petite anthologie portative)
Pierre Andreani - Haroun Guino - Claire Légat – Grégory Rateau - Morgan Riet
La Gare (nouvelle) de François Teyssandier
Poème haliotique 2 – La Brème
Deux poèmes de Matthias Politycki
traduit de l'allemant par Joël Vincent
La vieille dame et la mer & autres textes de Soledad Lida
Poésie des Indiens des "Nations Indigènes" des Etats-Unis
traduite et présentée par Vladimir Claude Fišera
Al Hunter - Kimberley M.Blaeser - Jim Northrup - Ofelia Zepeda
Poème haliotique 3 – L'épinoche
Mots tissés et métissages – poèmes – de Vera Duarte
traduit du portuguais (Cap-Vert) par Dominique Stoenesco
Il pourrait bien neiger (nouvelle) de Carmen Penn Ar Run
Ombres plus ou moins denses (inédits 2022) de Jean-Claude Martin
Poème haliotique (ou presque) 4 - La Palourde
Poésie du l'Ukraine sous les bombes Anastasiia Afanas'eva
traduit de l'ukrainien par Valdimir Fišera
Small versus Great Britain (texte) de Jean-Marc Couvé
Poème haliotique (ou presque) 5 – La Praire
La promenade du paysan & autres poèmes de Fernando Grignola
Montré du doigt par Valdimir Fišera et Marie-Claude San Juan
« À L'Index n° 46 (1). Poésie... | Page d'accueil | L’Intranquille 24, revue, littérature »
02/08/2023
À L'INDEX N° 46 (2). POÉSIE ET PROSE...
Dans l’introduction de Jean-Claude Tardif, deux sujets. La conception de la poésie, d’abord, définie comme acte collectif, création qui se construit, se travaille, dans le temps long. Et, littérature de passage, de transmission […] d’abord enracinée dans les revues. Mais ensuite c’est une parole douloureuse, de deuil, car des êtres qui comptaient sont devenus des absents, que la mort a emportés (âge ou maladie). Expression de désespoir et de doute sur ce qui peut se faire alors, sans les Pirotte, Emaz, Noël et quelques autres, dont, notamment, l’ami cher, Werner Lambersy. Suivent, dispersés dans les pages, sept poèmes dits halieutiques, comme une litanie de signes, univers de pêche, pas métaphorique (ou peu) mais réel : l’eau et des animaux dans leur monde, avec des notes d’humour.
Alors, justement, l’eau. Même si la nouvelle de Jean-Claude Tardif ne suit pas (Le Bruit de l’eau, pp.34-37), je choisis de la mentionner là. Car c’est troublant ce lien. Univers d’eau encore. Une très belle réussite ce récit, car indépendamment de l’histoire c’est une évocation puissante d’un moment de pluie. Le réel et la force métaphorique, cette fois, sont tissés ensemble. Le personnage regarde les passants et se demande (on retrouve la tristesse des deuils mentionnés dans le texte liminaire) lesquels sont dans la mémoire d’un deuil, lesquels dans un an seront disparus aussi. Il pense la vie comme l’écoulement d’une rivière (un mouvement qui a sa propre loi, emportant le présent, effaçant). Lui-même se voit comme un poisson derrière le verre de son bocal (symbole d’impuissance) et de solitude, car il regrette de ne pas exister pour ces passants indifférents à sa présence. Il perçoit le dehors à travers une vitre (Il regardait les gouttes d’eau glisser lentement sur le verre froid). C’est comme un écran qui trouble sa recherche. Car il dit chercher quelque chose qu’il pense être le seul à pouvoir saisir (Il se devait de guetter le signe, l’infime). Là j’ai l’impression qu’on retrouve l’interrogation sur la poésie. Le poète n’est-il pas un de ceux qui doivent se rendre capables de capturer et d’offrir des signes et du sens ? (Voyant, a dit Rimbaud). Cependant l’eau n’est pas que pluie et rivière dans ce récit. Il y a l’eau souillée d’un voisin qui descend bruyamment la canalisation. Le réel trivial revient. Cependant il imagine la couleur des yeux d’une jeune femme sous la pluie, bleus ou vert, en harmonie avec l’hiver et le silence. (Ou avec l’eau…). Peut-être se tourne-t-elle vers lui, ou pas. Mais cet homme, Emmanuel, est malade. Il semble qu’il perde la mémoire et qu’il soit conscient de l’atteinte, douloureusement. Alors il décide de clore sa contemplation et sa vie par un geste final, bruit d’une arme contre bruit de l’eau. C'est la détonation sèche de son 7,65. Triste clôture.
............................
Les pages qui suivent le texte introductif (pp. 8-19) sont bilingues. Poèmes titrés Journal de la peur. Dominique Stoendesco, qui a traduit les poèmes de Joao Melo du portugais (Angola) nous explique le contexte, employant l’expression stratégie de survie. Textes écrits pendant le confinement dû à la pandémie (2020), et avec l’attention, aussi, portée à des révoltes et violences un peu partout dans le monde. Publication en portugais en 2021. Le premier poème (De la nécessité de la poésie) ne dit ni Je ni IL mais Elle. Dédié à la poète Hissa Hilal, il fait l’éloge d’une poésie radicale et nécessaire. Le deuxième poème (Épitaphe) est un cri. Pour...
les condamnés de la Terre,
ceux qui ne sont jamais allés au-delà des frontières
des quartiers sombres et pauvres
Ensuite (Chronique de la peur), c’est le doute sur la lucidité de l’humanité.
Puis poèmes sur naître et mourir, mort (aussi) par assassinat. Et de nouveau, interrogation sur ce qu’est la poésie.
.......................
Emmanuel Golfin, Poèmes en attente (pp. 28-33) regarde et dit la lumière.
Pas la solaire et vive, la douce : la lueur ténue des lampes dans la nuit.
Et celle des visages : Obliques lueurs des patiences inavouées
Ou les
Brèves trouées luisantes dans la nuit
(celles des trains).
Méditation, esquisse de grandes questions : la vie, la mort, le mystère même de la création :
Parfois une incompréhensible force dicte
Des phrases venues des gouffres sac et ressac
Pour miracle de la venue dans la lumière
.........................
Traduction, de nouveau (pp. 38-40. De l’hébreu. Quatre poèmes de Noam Weissman, traduits par Fabienne Bergmann.
Évocations un peu désabusées des humains dans leurs illusions, les apparences, et coupés du monde, piégés dans le virtuel des écrans. Mais une note d’espoir (qui n’en est pas une car projetée loin dans le temps.…) pour un futur où quelqu’un sortirait de cet état d’absence et regarderait de nouveau le monde réel, où un musicien créerait ce qu’il a entendu en rêve.
Une nuit
Tu te réveilleras.
Vision désabusée, oui.
Mais le questionnement peut s’entendre.
...
Mes textes (poème et méditation en prose) suivent (mais c'est en recension précédente, comprenant aussi ma note de lecture d’un recueil de Michel Diaz).
..........................
Plusieurs poèmes de Mehdi Prévot (pp. 45-49).
Mémoire, silences, non-dits, émotions, et peut-être colères. Et, écho de proximité, Nerval.
Quand l’inattendu de la parole vient troubler la prière improvisée
du silence
Ce qu’on ne dit pas se fraye un chemin sous la table
Pourtant bien dressée (p. 45)
[…]
Et j’ai passé la nuit à me voir dans la coupole du monde
À scruter la venue des anges
Mais pour compagne j’ai la nuit intruse au-dedans (p. 49)
..............................
Aggiornamento, poème de Jacques Nuñez Teodoro (p. 50)
On ne voyage pas
On bouge des restes de rêves
............................
Claire Légat, Promenoir des Déracinés, poèmes (pp. 62-63)
Toujours le choix de la mise en page centrée, vers brefs le plus souvent. Des touches délicates, comme des fragments sculptés.
transe
du
corail
[…]
en
nids
mes mains
pour consigner l’inquiétude et l’insomnie
de la matière
pour intimer par sa musique
la naissance d’une étoile
................................
Poèmes des Indiens des Etats-Unis (pp. 82-86). Traduction (de l’anglais américain) et présentation par Vladimir Claude Fisera.
Jim Northrup, À faire le psy (p. 82-83)
J’ai survécu à la guerre
J’avais des ennuis à survivre à la paix
[…]
je me suis rendu compte
que c’était à moi de survivre à la paix
.
Kimberley M. Blaeser, Apprendre à réclamer justice (pp. 83-84)
Et aucun vent du désert
ne saurait relever
cette histoire de perte et de manque
.
Al Hunter, La coupe à prière (p. 85)
Quand la lune est tournée vers le haut comme une coupe à remplir
On doit la remplir. On doit la remplir en honorant les esprits de la création
[…]
Des prières pour le Créateur, des prières pour nous-mêmes, avec les instruments sacrés
Qui nous relient à la gloire de ce monde, qui nous relient à la gloire de ce monde
Et au monde au-delà de notre sommeil.
.
Ofelia Zepeda, Enterre-moi avec un orchestre (p. 86)
Ma mère disait : « Enterre-moi avec un orchestre »
[…]
Le créosote [...]
C’est pour qu’elle garde sur elle l’odeur du désert,
Pour lui rappeler son foyer une dernière fois.
(Le créosote est une plante du désert)
.......................
Poèmes de Vera Duarte, Mots tissés et métissés (pp. 87-99)
Traduction du portugais (Cap-Vert) par Dominique Stoenesco
Enfant de la rue (p. 89)
Sur la plage à la merci des goélands
Des enfants dorment à la belle étoile
Leurs corps épuisés par la faim chronique
Ne parviendront pas intacts à l’aube
Les mots (p. 90)
Dans ma jeunesse j’ai été habitée par des dieux païens qui incendiaient mes veines à coups d’eau-de-vie et m’obligeaient à broyer des mots avides aux hypnotiques aurores et aux nocturnes désespoirs.
[…]
Avec les mots viendrait le temps de la liberté et de l’égalité.
Métissage (p. 91)
Je me sens prêtresse du métissage
Solitude (pp. 98-99)
Au commencement il n’y avait rien
Seule l’eau entourait et isolait tout
[…]
Ô îles de Noirs et de Blancs
Terre aux mille fusions
Ton peuple d’exilés
Rachète l’humanité
..............................
Et voici le texte inclassable de Carmen Pennarun.
Il pourrait bien neiger (pp. 101-112)
C’est un chant d’amour adressé à Emily Dickinson, cette immense poète dont l’œuvre n’a été connue et reconnue vraiment qu’après sa mort. Être magnifique vivant dans un certains secret, en intériorité profonde et volontairement en grand retrait. Comme si sa poésie était surtout exercice intime, ascèse mystique, qu’elle offrait pour un éventuel futur, sans ambition pour le présent.
Carmen Pennarun connaît parfaitement l’œuvre et la vie de la poète, c’est évident. Elle en a une connaissance qui lui fait exprimer une proximité particulière, avec des intuitions et des perceptions fulgurantes. Elle révèle Emily Dickinson, et se révèle aussi. Elle pénètre dans l’univers de celle qui côtoie un autre monde, avec la tendresse qu’on a pour une amie dont on partage bien des traits, même si les choix sont différents (elle peut même adresser des reproches à celle qui par certains côtés veut nous échapper et a renoncé à tant, à trop).
D’abord c’est un récit, double. L’histoire d’Emily, et l’histoire de Mary (peut-être Carmen, réellement ou en rêve…). La vie vraie d’une femme d’un autre siècle, morte en 1886, dont la narratrice, Mary, la jeune fille au calepin, se sent contemporaine, au point de provoquer une rencontre posthume, un dialogue par l’écriture. C’est l’aventure fantastique de Mary partie à la recherche du monde de la poète qu’elle admire tant et vivant de mystérieuses synchonicités, rencontrant des productions du hasard, des signes qui la font basculer entre deux temps.
Carmen Pennarun s’interroge au sujet de l’éprise d’absolu, de sa passion impossible pour un homme, et de son évitement, aussi, de peur de se confronter à un réel décevant. Puis elle fait visiter la tombe d’Emily à Mary, trouver un objet (un stylo bien sûr) qui a traversé les siècles, et rencontrer un chien qui est le jumeau de celui d’Emily, avec le même nom…
Et cette fois Carmen Pennarun reprend autrement la plume pour écrire à Emily et rêver, pour elle, de retrouvailles avec son Lord, Otis Philips. Imaginant qu’au-delà de la mort la rencontre a pu se réaliser : c’est la peau de ton âme qu’il fait frémir pour qu’elle vive charnellement dans l’éternité.
Mais les lecteurs ont été prévenus. Car la lettre adressée à Emily par son amie du XXIè siècle leur envoie aussi un message. Il suffit d’inverser un peu les termes et on comprendra qu’il est demandé d’accepter de bousculer un peu sa rationalité : Si je peux me le permettre, sans vouloir vous faire offense et sans troubler votre immatérialité, je vous propose, comme un échange de bon procédé – puisque de mon côté la matérialité aujourd’hui fut sérieusement ébranlée – de partager mon rêve.
......................
Traduction. Poésie de l’Ukraine sous les bombes, Anastasia Afanas’eva.
Traduction, et présentation (p. 116), par Vladimir Claude Fisera.
La poète, médecin de formation, devenue psychologue médicale en psychatrie, témoigne de son vécu (réfugiée dans une cave avec les siens, et renaissant d’une autre manière dans cette guerre), elle a décidé de ne plus écrire en russe, pas par haine de cette culture mais « dégoûtée de parler et d’écrire dans la même langue qu’eux ». Poésie moderniste ayant rompu avec l’esthétique soviétique, elle est lectrice, notamment, de Celan et Eliot.
C’est là, chez moi (p. 117)
C’est là, chez moi,
Il y avait un pont, là,
maintenant il n’y en a plus.
[…]
C’est là qu’on vit, contre la clôture.
Dans le ventre du diable,
Oui, c’est bien là.
.........................
Poèmes de Fernando Grignola (pp. 124-129).
Ils ont été publiés en recueil trilingue (français-italien-dialecte d’Agno)
aux Éditions Conférence, en 2023. Sélection de trois textes.
Le souffle de mes gens (p. 127)
Le souffle de mes gens, Seigneur,
Il a le goût de la fatigue et des travaux.
(Ou la vie des paysans de sa région.)
..........................
Et, rubrique Montré du doigt,
Deux recensions de Vladimir Claude Fisera.
Henri Calet (1904-1956) et le patriotisme
L’introduction rappelle la participation d‘Henri Calet à la résistance et l’écriture d’articles dans Combat. La publication du recueil de ses articles est mentionnée (Contre l’oubli, Grasset, 1956).
Suivent des extraits sur le patriotisme, opposé au nationalisme. On retrouve les valeurs des résistants de Combat et cette conception que développa particulièrement Camus.
Autre recension du même auteur,
De Lina Kostenko, Journal d’un fou ukrainien, trad. Nikol Dziub et Sonia Philonenko, L’Harmattan, 2022.
Vladimir Claude Fisera l’introduit ainsi : « Le grand livre de la douloureuse renaissance actuelle de l’Ukraine ». Le journal est daté entre 2000 et 2004 (la Révolution Orange), s’appuyant sur la connaissance des faits marquants dont la catastrophe de Tchernobyl et des mouvements dissidents : années 60 et 1990-1991. Mais le livre a été écrit de 2001 à 2010. Il est très volumineux et pourtant très lu. L’écrivaine, née en 1930, est très populaire.
...
Ma recension du recueil de Michel Diaz est sans la note précédente..






